VIDEO. La reine d’Angleterre au centre d’une fausse nouvelle sur les droits LGBTQ

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La reine Elizabeth, en visite au champ de courses d'Ascot, le 23 juin 2017.

La reine Elizabeth, en visite au champ de courses d’Ascot, le 23 juin 2017. — Tim Rooke/Shutterstock/SIPA

  • Un post viral sur Facebook annonce qu’Elizabeth II ne recevra plus les chefs d’Etat de pays qui condamnent l’homosexualité.
  • La reine d’Angleterre n’a jamais pris une telle décision.
  • La cheffe d’Etat est apolitique et reçoit les chefs d’Etat étrangers sur conseil de son gouvernement.

La reine d’Angleterre aurait-elle fait un grand pas en faveur des droits des personnes LGBTQ ? C’est ce que laisse penser
un post d’un journaliste canadien, partagé près de 19 000 fois sur Facebook, en seulement cinq jours. Le journaliste y écrit que « la reine
Elizabeth II annonce qu’elle ne recevra plus aucun chef d’Etat de pays qui condamnent l’homosexualité et qui prévoient la prison ou la peine de mort pour les personnes homosexuelles. » Le post a aussi été largement partagé
sur Twitter.

Le Canadien se présente sur sa page Facebook comme « journaliste, corniste et chef d’orchestre ». Il édite le Gay Globe Magazine. Musicien de formation, il a joué avec de nombreux orchestres en France et au Canada.

Le post est devenu viral sur Facebook.
Le post est devenu viral sur Facebook. – Capture d’écran Facebook

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Il n’y aucune trace de cette information sur le site officiel de la monarchie britannique. Contacté, Buckingham Palace explique que « les visites d’Etats se déroulent avec le conseil du gouvernement. » Le gouvernement décide et la reine reçoit.

 

Elizabeth II a évoqué la défense des droits LGBTQ le 21 juin, dans son discours d’ouverture du Parlement : « mon gouvernement continuera ses efforts pour s’attaquer à l’écart salarial entre les hommes et les femmes, ainsi qu’aux discriminations basées sur la race, la foi, le genre, le handicap ou l’orientation sexuelle. » Toutefois, traditionnellement, la cheffe d’Etat n’exprime pas ses opinions dans ce discours. Il s’agit d’un
discours de politique générale, écrit par le gouvernement. Ce discours déroule aussi l’agenda législatif.

Pas de « rôle politique »

Elizabeth II est un monarque constitutionnel, ce qui signifie que le pouvoir législatif est aux mains du Parlement. Le souverain « n’a plus de rôle politique ou exécutif », est-il précisé sur le site officiel de la monarchie.

« Opposés à toutes les discriminations »

Dans un second post, le journaliste canadien explique que la reine « est aussi intervenue au Commonwealth pour obliger les pays dont elle est le chef d’Etat ou les pays membres à purger de leurs lois toute forme de discrimination à l’endroit des minorités. »

La charte du Commonwealth mentionne bien les droits de l’Homme comme étant un des principes de cette organisation, mais jamais les droits LGBTQ n’y sont explicitement mentionnés. Il y est seulement fait allusion : « Nous sommes implacablement opposés à toutes les formes de discrimination, que celles-ci s’appuient sur le genre, la race, la couleur, la croyance, les opinions politiques ou d’autres sujets. »

Là encore, ce n’est pas la reine qui a choisi les mots de cette charte. « Dans cette charte, la reine endosse une décision prise par le Commonwealth, explique un porte-parole de Buckingham Palace au Guardian. La reine n’a pas d’opinion personnelle sur ces questions. La position de la reine est apolitique. »

L’homosexualité encore punie dans le Commonwealth

L’homosexualité est encore punie sous diverses formes dans 36 des 52 Etats qui forment le Commonwealth. Deux d’entre eux, Brunei et une partie du Nigeria prévoient même la peine de mort.

Dans son discours au Parlement, la reine a indiqué que son gouvernement organisera le prochain sommet du Commonwealth en avril.

20 Minutes est partenaire de Facebook pour lutter contre les fake news. Grâce à ce dispositif, les utilisateurs du réseau social peuvent signaler une information qui leur paraît fausse.



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