Un hélicoptère lance des grenades sur la Cour suprême

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Des manifestants à Caracas, le 27 juin 2017

Des manifestants à Caracas, le 27 juin 2017 — JUAN BARRETO / AFP

La crise sociale continue de faire rage au Venezuela. Un hélicoptère de la police a lancé mardi des grenades à Caracas contre le siège de la Cour suprême et ouvert le feu contre le ministère de l’Intérieur, a affirmé Nicolas Maduro, dénonçant une « attaque terroriste ».

Le chef de l’Etat, confronté depuis le 1er avril à des manifestations pour exiger son départ, a affirmé que cette attaque faisait partie d’une campagne contre lui de la droite soutenue par les Etats-Unis.

Aucune victime à déplorer

Ces manifestations, au cours desquelles 76 personnes ont déjà perdu la vie, devaient se poursuivre ce mercredi.

« J’ai activé toutes les Forces armées pour défendre l’ordre. Nous allons saisir très vite l’hélicoptère et ceux qui ont réalisé cette attaque terroriste », a déclaré le président socialiste lors de la célébration de la Journée du journaliste au palais présidentiel de Miraflores.

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Le chef de l’État n’a pas fait état de victime ni de dégâts. Selon un communiqué de la présidence, quatre grenades « d’origine colombienne et de fabrication israélienne » ont été lancées et 15 coups de feu tirés contre le ministère de l’Intérieur.

Un combat « contre la tyrannie »

La presse locale a diffusé une vidéo montrant un homme qui se présente comme un enquêteur de la police scientifique et qui serait l’un des hommes à bord de l’hélicoptère.

Il y déclare combattre « contre la tyrannie ». « Président Maduro, nous exigeons que tu démissionnes immédiatement (…) et que des élections générales soient convoquées », déclare l’homme.

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« Nous vous demandons de nous accompagner dans ce combat et de sortir dans la rue (…) Notre mission est de vivre au service du peuple », dit-il encore. Le gouvernement a identifié le pilote comme étant Oscar Perez, ex-fonctionnaire de la police scientifique.

Les autorités ont appelé la coalition d’opposition d’Unité démocratique (MUD) et l’Eglise catholique à « condamner résolument ces événements et à se démarquer de la violence ».

Mais le MUD n’avait pas réagi en soirée. Un de ses dirigeants, Freddy Guevara, a toutefois estimé dans un tweet qu’« il n’y a pas d’information suffisante sur l’hélicoptère » et a appelé à participer aux nouvelles manifestations de rues convoquées pour mercredi.

« Escalade »

Selon le gouvernement, il s’agit d’une « escalade » dans « l’offensive insurrectionnelle d’éléments extrémistes de la droite ».

Sur les réseaux sociaux circulaient des photos montrant un hélicoptère survolant Caracas et affichant une pancarte sur laquelle était écrit « 350 Libertad », en référence à l’article de la constitution autorisant la déchéance de gouvernements hostiles aux garanties démocratiques.

Cet article de la Constitution est régulièrement invoqué par les opposants du MUD qui exigent le départ du gouvernement et du président.

Maduro prêt à « aller au combat »

Maduro avait averti mardi que si le Venezuela « plongeait dans le chaos et la violence, nous irons au combat ». « Ce qui n’aura pas pu se faire par les votes, nous le ferons avec les armes », a-t-il déclaré.

Il a en outre demandé à son homologue américain Donald Trump d’« arrêter la folie » de l’opposition qui multiplie les manifestations depuis début avril et qu’il soupçonne de s’être alliée avec Washington pour fomenter un coup d’Etat.

Au parlement, seule institution dominée par l’opposition, une bagarre générale s’est déroulée mardi entre les députés et des militaires, empêchant les députés de quitter l’enceinte jusque vers 22h00.

Et dans ce contexte tendu, la Cour suprême a rejeté mardi un appel interjeté par la procureure générale, Luisa Ortega, chaviste entrée en dissidence, contre le mode d’élection de l’Assemblée constituante dont le président prévoit de faire élire les membres le 30 juillet.



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