Trump menace aussi le Venezuela d’une intervention militaire

0
10


Les présidents vénézuélien Nicolas Maduro et américain Donald Trump.

Les présidents vénézuélien Nicolas Maduro et américain Donald Trump. — JIM WATSON, FEDERICO PARRA / AFP

« Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire », a lancé Donald Trump vendredi devant des journalistes. Le président vénézuélien Nicolas Maduro, mis au ban de la communauté internationale, avait promis la veille de répondre « les armes à la main » à une agression américaine.

Sans tarder, Caracas a dénoncé quelques heures plus tard « un acte de folie, un acte de suprême extrémisme » de la part du président américain. Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, a dénoncé à la télévision officielle vénézuélienne VTV « une élite extrémiste qui gouverne les Etats-Unis ».

>> A lire aussi : Douze pays d’Amérique condamnent une «rupture de l’ordre démocratique» au Venezuela

Le Pentagone dit n’avoir reçu « à ce stade » aucune consigne

Appelé à donner des précisions sur son annonce, intervenant dans une période d’extrême tension avec la Corée du Nord, Donald Trump, qui s’exprimait depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il est en vacances, est resté évasif.

« Nous avons des troupes dans le monde entier qui sont parfois très loin. Le Venezuela n’est pas très éloigné et les gens souffrent et les gens meurent », a-t-il simplement ajouté, entouré du secrétaire d’Etat Rex Tillerson et de l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley. Interrogé sur cette annonce, le Pentagone s’est borné à indiquer, par la voix de son porte-parole Eric Pahon, qu’il n’avait « à ce stade » reçu aucune consigne sur ce dossier.

>> A lire aussi : «Je serai vêtu comme un soldat», Maradona se dit prêt à se battre pour Nicolas Maduro

Washington et Caracas, qui n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s’étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l’industrie pétrolière. Début août, les Etats-Unis ont infligé des sanctions au président vénézuélien qu’ils ont qualifié de « dictateur ».

Les sanctions contre un chef d’Etat étranger sont extrêmement rares

La réaction de Washington est survenue au lendemain de l’élection controversée de l’Assemblée constituante voulue par le président socialiste, un scrutin marqué par des violences qui ont fait dix morts. Rejetée par l’opposition et des pays occidentaux, cette assemblée l’a confirmé à l’unanimité dans ses fonctions de « président constitutionnel de la république bolivarienne du Venezuela ».

>> A lire aussi : Nicolas Maduro affirme que la CIA prépare un complot contre lui

Il est extrêmement rare que le gouvernement américain prenne des sanctions contre un chef d’Etat étranger en exercice. Nicolas Maduro est seulement le quatrième à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant un groupe composé du président syrien Bachar al-Assad, du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et du président zimbabwéen Robert Mugabe.

Une nouvelle série de sanctions américaines a par ailleurs été adoptée cette semaine à l’encontre de huit responsables vénézuéliens impliqués dans la mise en place d’une Assemblée constituante jugée « illégitime ». « Ce régime est inacceptable et les Etats-Unis se tiendront au côté de l’opposition (qui se bat) contre la tyrannie jusqu’à ce que le Venezuela restaure une démocratie prospère et pacifique », a lancé à cette occasion le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Trump parlera avec Maduro « dès que la démocratie sera restaurée »

Jeudi, Nicolas Maduro a dit souhaiter « une conversation » avec son homologue américain. « S’il est autant intéressé par le Venezuela, je suis là, je suis le chef de ce qui l’intéresse », a-t-il affirmé lors d’un discours devant l’Assemblée constituante. « Le président Trump parlera volontiers avec le dirigeant du Venezuela dès que la démocratie sera restaurée dans ce pays », a répliqué la Maison Blanche dans un communiqué.

Tout en disant souhaiter avoir des relations « normales » avec les Etats-Unis, Nicolas Maduro a averti jeudi Donald Trump que son pays répondrait « les armes à la main » à une éventuelle agression et « ne se rendra jamais ».

Il intervenait devant les 545 membres de la nouvelle assemblée chargée notamment de réécrire la Constitution de 1999. Elle régira le pays durant au moins deux ans, le mandat du président s’achevant en janvier 2019. Les manifestations contre Nicolas Maduro ont fait plus de 125 morts depuis début avril dans un contexte de grave crise économique et institutionnelle.



Source link

Laisser un commentaire