Témoignages. “Tout ce que j’aurais aimé savoir avant de partir puis de revenir”



​Vous avez été nombreux à répondre à notre appel à témoins et à nous raconter comment vous avez vécu votre départ à l’étranger ou votre retour en France. Voici une sélection de vos récits les plus marquants.

Le départ à l’étranger

Un départ à l’étranger implique d’importants préparatifs. Cette étape peut-être plus ou moins difficile en fonction du cadre dans lequel il se déroule. C’est pourquoi Nolwenn, qui a vécu dans trois pays différents (Espagne, Mexique et Écosse), donne quelques conseils à ceux qui souhaiteraient tenter l’aventure :

Je vous conseille avant tout départ de bien le préparer. Cette préparation est primordiale (un an/six mois à l’avance). N’hésitez pas à rencontrer des personnes en face-à-face qui sont parties dans ce même pays avant vous. Allez sur des forums, provoquez des échanges et des rencontres pour être certain de votre choix (si votre projet est de partir travailler et de vous installer sur un plus ou moins long terme), renseignez-vous sur le temps, les mentalités, les coutumes du pays, les éventuels vaccins à faire avant le départ, etc.”

La recherche d’un logement est notamment source d’inquiétude pour ceux qui s’expatrient pour étudier ou travailler. Myriam a par exemple vécu comme étudiante en Allemagne et en Autriche :

Quand on part dans le cadre d’Erasmus, on sait où l’on va, les universités s’occupent de toutes les démarches concernant les inscriptions. La seule chose à faire de notre côté, et c’est le plus délicat (évidemment), c’est de trouver un logement. Je n’ai pas vraiment eu de problèmes pour ça, j’ai trouvé assez vite. Par contre, lors de ma deuxième expatriation, c’était plus difficile Je connaissais un peu moins l’Autriche, et finalement j’ai été affectée à Linz, troisième plus grande ville du pays. Là c’était plus compliqué parce que je ne savais pas où chercher un logement, mais j’ai fini par trouver. Il y avait par contre plus de démarches, on est beaucoup moins encadré qu’en Allemagne.”

Quand on travaille, le bien-être de la famille joue un rôle important. Une lectrice qui a voulu rester anonyme témoigne après des expériences au Vietnam et au Pérou :

La priorité pour nous dans ces changements est nos enfants et leur bien-être, il faut donc rapidement s’occuper de leur future école et du déménagement de leurs affaires. Après s’enchaînent les mails et les appels téléphoniques à tous les organismes qui nous suivent. Et rapidement, on se retrouve à penser à notre future installation avec une grosse inquiétude concernant le logement. Où faut-il s’installer, quelle est la configuration de la ville ? Vite, on contacte les associations françaises du pays, on active son réseau, mais on reste paniqué !”

S’intégrer dans un nouvel environnement

Dans certains pays, l’apprentissage des codes culturels est nécessaire pour s’intégrer avec les locaux. C’est le cas en Allemagne, où Mélanie Ouzani a déménagé pour un volontariat international en entreprise :

Le départ est assez difficile car on sait ce que l’on quitte mais on ne sait pas vraiment ce qui nous attend. La barrière de la langue est un obstacle non négligeable lorsqu’on arrive sur place. Cela est d’autant plus vrai dans le milieu professionnel, où on fait vite face à des différences culturelles auxquelles on ne s’attend pas. Les débuts sont très difficiles car on arrive dans une nouvelle ville où il faut apprendre à prendre ses repères. On doit également se reconstruire un réseau, etc. De plus les différences culturelles sont très importantes au début, mais avec un peu de temps d’adaptation et de persévérance, j’ai fini par connaître cette nouvelle culture, améliorer mon allemand et par apprécier le travail dans un environnement germanique.”

Dans un autre contexte, Olivia, partie travailler dans une grande multinationale aux États-Unis en 2015, fait écho de son mal-être durant les premiers mois sur place :

Grâce à mon expérience new-yorkaise, j’ai compris le sens [des paroles de Frank Sinatra dans ‘New York, New York’] : ‘Si tu réussis ici, tu y arriveras partout.’ Si on survit à New York, on peut ‘tout affronter’ tant les difficultés rencontrées sont nombreuses quand on est seule : les difficultés pour se loger car on est étranger, pas toujours au courant des lois et donc à la merci des abus (j’en ai fait les frais !), le statut d’étranger pas toujours évident, le sentiment de déclassement social parfois, le mal du pays, l’immense solitude, le fait de se sentir seul au monde alors qu’on est entouré de millions de gens !

A posteriori, cette expérience, bien que difficile, a été un moyen pour moi de grandir énormément, professionnellement et personnellement. Rencontrer d’autres expats qui ont connu les mêmes ‘galères’ m’a réconfortée !”

Le retour en France et ses obstacles

Seuls 30 % des jeunes expatriés envisagent de faire toute leur carrière à l’étranger, selon une étude Opinionway réalisée pour le cabinet de conseil Deloitte.

Revenir de l’étranger peut cependant rapidement devenir un casse-tête administratif. L’expérience de Laure, 30 ans, rentrée d’Espagne, est à ce titre significative :

Les démarches administratives sont épuisantes psychologiquement. Dans chaque administration, il faut attendre de tomber sur quelqu’un de compréhensif, d’humain qui accepte de se pencher mon cas, qui sort des standards habituels. Oui je suis française, non je n’ai pas de déclaration de revenus 2016 ni de RIB, non je ne suis pas au chômage même si je suis sans revenus… J’ai préparé mon retour et je m’étais procuré tous les documents me permettant de rouvrir mes droits à la sécurité sociale et faire valoir mes années de cotisation espagnole, mais le parcours de combattant est frustrant… On s’imagine rentrer chez soi, dans son pays, mais on est encore considéré comme un étranger. Il m’a fallu plus d’un mois avant de retomber dans la normalité : banque, voiture, portable. Tout n’est pas simple en partant, mais rien ne l’est en rentrant.”

Marie souligne des difficultés similaires lorsqu’elle est revenue de deux expatriations successives au Danemark puis au Royaume-Uni :

Au final, le plus dur ç’a été de revenir habiter en France. C’est un peu difficile d’expliquer aux gens que oui. J’ai un passeport français mais je n’ai pas de numéro de sécurité sociale ni de déclaration de revenus en France. Pour trouver un appart, par exemple, ça rend les choses un peu compliquées. J’aurais aimé avoir plus d’infos avant de partir sur tous les systèmes de caisses de retraite, qui ne sont pas harmonisées entre les pays. J’aurais peut-être fait les choses différemment en étant informée correctement.”

Par ailleurs, les difficultés de réadaptation en France sont souvent proportionnelles à la durée de l’expatriation. Les expatriés ont l’impression d’avoir changé et ne trouvent plus leurs repères dans un environnement qui, lui, est souvent resté identique. Il s’agit de surmonter ce “décalage”, selon une Française restée anonyme qui a passé vingt-deux ans dans deux pays d’Afrique (Gabon et Guinée-Equatoriale) :

Cela fait cinq ans que je suis rentrée en France, et je ne suis toujours pas ‘intégrée’. J’ai rencontré très peu d’amis depuis mon retour, mon passé et mon vécu ne collent pas avec celui des gens que je côtoie. Mes amis de longue date sont partout dans le monde : quand on se retrouve c’est facile, on se comprend, on est pareils ! Être expatrié est une nationalité à part. Vivre des choses aussi intenses dans des pays plus ou moins difficiles ne peut être compris que par des gens ayant vécu des expériences similaires… nous sommes décalés, déracinés, notre esprit ne fonctionne pas de la même manière, notre ouverture sur les autres est différente.”

Ces obstacles génèrent parfois de l’appréhension. Sandy, sur le point de rentrer en France après un an et demi en Australie, fait part de ses craintes :

J’ai peur de rentrer et de retomber dans cet anonymat qui ne me correspond plus.”

Source

Lancé en avril 2016 et destiné aux expatriés français et aux candidats à l’expatriation, Courrier Expat offre des informations puisées dans la presse internationale sur l’environnement professionnel et personnel des Français de l’étranger, sur le

[…]

Lire la suite



Source link

Catégorie

Laisser un commentaire

d5ba87d41fb9610aa23c43b24b9efeacrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr