Soupçons d'emplois fictifs: enquête sur une vingtaine d'eurodéputés, dont Marielle de Sarnez

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Mis en cause par le FN pour d’éventuels emplois fictifs d’assistants au Parlement européen, une vingtaine d’eurodéputés font l’objet d’une enquête pour abus de confiance, dont la ministre Marielle de Sarnez qui a porté plainte pour « dénonciation calomnieuse » à une dizaine de jours des législatives.

Une enquête préliminaire avait été ouverte le 22 mars au parquet de Paris après le signalement d’une eurodéputée du Front national qui dénonçait une trentaine d’assistants cumulant leur travail au Parlement avec des fonctions politiques, soit comme élus soit au sein des partis.

Outre la nouvelle ministre des Affaires européennes, des députés de tous bords sont concernés: l’ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux (Les Républicains), Jérôme Lavrilleux, ancien haut reponsable de l’UMP au coeur de l’affaire Bygmalion, ou l’écologiste Yannick Jadot, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

L’ex-ministre Michèle Alliot-Marie et l’ancien suppléant de François Fillon à l’Assemblée nationale, Marc Joulaud, tous deux LR, font aussi partie de la liste, a affirmé une source parlementaire à Bruxelles.

Cette contre-attaque du FN, qui avait également saisi l’office antifraude européen (Olaf), est intervenue alors que le parti frontiste et sa présidente Marine Le Pen sont eux-mêmes soupçonnés d’avoir eu recours à des emplois fictifs d’assistants au Parlement de Strasbourg.

Sophie Montel, l’eurodéputée FN à l’origine de ce signalement, a reconnu que cumuler des fonctions politiques et d’assistants parlementaires n’avait « rien d’illégal, car ce n’est absolument pas interdit par le droit français ». « Mais nous avons considéré que nous devions déposer ces signalements au motif que nous n’acceptons pas le deux poids deux mesures », s’est-elle justifiée sur France 3 Franche-Comté.

– ‘Dans les règles’ –

La mise en cause de Marielle de Sarnez, élue MoDem proche du ministre de la Justice François Bayrou, pourrait mettre en difficulté le gouvernement alors que le garde des Sceaux prépare un projet de loi de moralisation de la vie publique, premier grand texte du quinquennat qui doit être présenté d’ici la semaine prochaine, avant les législatives des 11 et 18 juin.

D’autant qu’un autre ministre, Richard Ferrand, est épinglé pour une affaire immobilière impliquant sa compagne. De nouvelles voix se sont fait entendre lundi, notamment à gauche, pour réclamer la démission de cet ex-socialiste très proche du président Emmanuel Macron et candidat aux législatives sous l’étiquette La République en marche.

Marielle de Sarnez, qui a démenti toute irrégularité dans l’emploi d’une assistante payée par le Parlement européen, a porté plainte mardi pour « dénonciation calomnieuse » contre Sophie Montel.

Brice Hortefeux a lui aussi annoncé son intention de déposer plainte, assumant que des membres de son équipe aient « exercé ou exercent un mandat d’élu municipal ». « Tout est effectué dans les règles et le Parlement européen, toujours très scrupuleusement, est informé des moindres détails », affirme ce proche de Nicolas Sarkozy pour qui « cet engagement est donc non seulement légal mais aussi moral ».

Quant à Yannick Jadot, éphémère candidat écologiste à la présidentielle, il assure que les accusations le concernant « sont totalement infondées », « signe du désespoir d’eurodéputés » frontistes pris selon lui « la main dans le cas ».

Comme dans l’enquête qui vise déjà des eurodéputés FN, « il y a un long travail d’analyse à effectuer et les auditions n’ont pas encore débuté », a fait savoir une source proche du dossier.

Mais dans le cas du FN, les juges d’instruction français cherchent à déterminer si le parti d’extrême droite a mis en place un véritable système: dix-sept élus, dont Marine et Jean-Marie Le Pen, Louis Aliot, Florian Philippot, et plus d’une quarantaine d’assistants sont visés, et le préjudice pour le Parlement européen s’élèverait à près de cinq millions d’euros pour la période du 1er avril 2012 au 1er avril 2017, d’après des chiffres communiqués par l’Assemblée qui siège à Strasbourg.

Deux assistants parlementaires ont été mis en examen par les juges parisiens. Marine Le Pen a elle-même été convoquée en vue d’une possible mise en examen, mais elle refuse de se présenter à la justice avant la fin de la période électorale.



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