Selon ses supporters, Trump «tient ses promesses»

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Donald Trump avec sa fameuse casquette rouge «Make America Great Again».

Donald Trump avec sa fameuse casquette rouge «Make America Great Again». — AP Photo/Jae C. Hong

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Donald Trump est le président américain le plus impopulaire de l’après-guerre après six mois au pouvoir, à 39 % d’opinions favorables. Mais l’Amérique est plus polarisée que jamais : si sa cote de popularité n’atteint que 8 % chez les démocrates, elle reste à 87 % chez les électeurs républicains, selon le baromètre Gallup. Et ni l’affaire russe ni les difficultés à gouverner ne refroidissent l’enthousiasme de ses supporters les plus fidèles.

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« Son bilan ? C’est simple : il a dit ce qu’il ferait et il fait ce qu’il a dit. Il tient ses promesses », estime Jaeden. Cet étudiant de Sacramento, en Californie, cite une victoire de « long terme » avec la confirmation d’un juge conservateur à la Cour suprême, le désengagement de l’accord commercial transpacifique, le retrait de l’accord de Paris et le décret migratoire en partie autorisé par la Cour suprême, en attendant l’examen sur le fond à l’automne. C’est cette vision « America First » et l’absence de politiquement correct du candidat Trump qui l’avaient séduit pendant la campagne. Pour Jaeden, « on peut dire ce que l’on veut, mais au moins Donald Trump n’a pas changé ».

En guerre contre les républicains modérés

Sur le plan législatif, le président américain n’a pourtant pas beaucoup de victoires à son actif. Malgré une majorité à la Chambre et au Congrès, Trump n’a, pour l’instant, pas réussi à faire marcher ses troupes au pas pour abroger la réforme de la santé Obamacare. La refonte fiscale reste un vœu pieu et une réforme en profondeur de l’immigration n’est même pas à l’ordre du jour.

Pour ses supporters, le fautif n’est pourtant pas le président. Sur le forum du site d’extrême droite Breitbart News, anciennement dirigé par le conseiller de Trump, Steve Bannon, les ennemis sont « les mainstream media », les élus démocrates, accusés de faire de l’obstruction, les RINO (Republican in name only, ou les faux républicains, en VF) et « les feminazi qui ont pris en otage » le parti – trois sénatrices républicaines modérées ont mené la résistance à tout passage en force sur la santé. Sur Twitter, les pro-Trump ponctuent leurs attaques du hashtag « MAGA » (Make America Great Again), et on retrouve trois symboles ultra-populaires au sein de l’alt-right : la casquette rouge, Pépé la grenouille et le drapeau confédéré.

Moins d’électeurs républicains

Alors que la présidence de Donald Trump est paralysée par les révélations incessantes sur l’affaire russe, un élu démocrate a déposé une motion pour lancer un processus d’impeachment à la Chambre des représentants. Mais « tant qu’il est soutenu par la base, il échappera à la destitution », expliquait récemment à 20 Minutes Marie-Cécile Naves, professeure en science politique à l’université Paris-Dauphine.

Le problème pour Trump, c’est que cette base pourrait être en train de fondre tout doucement. A plus de 80 % d’opinions favorables, il reste stable et ultra-populaire chez les républicains – Nixon était tombé à 50 % au pire du Watergate. Mais dans une analyse statistique, l’universitaire Brendan Nyhan note que le pourcentage d’électeurs qui se déclarent « proches des républicains » a baissé de 4 % en six mois, à seulement 38 %, contre 45 % qui se disent « proches des démocrates ».

En clair, à mesure que les modérés claquent la porte, le parti républicain serait en train de devenir le parti de Trump. Si la tendance se poursuit, avec les élections de la mi-mandat qui se profilent fin 2018, la situation pourrait devenir problématique pour le parti. Et pour l’avenir de Donald Trump également.



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