Royaume-Uni. Brexit : deux ans de répit pour les voyageurs européens outre-Manche

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Il semblerait que le gouvernement britannique commence à mettre de l’eau dans son vin : il a proposé une période transitoire pendant laquelle les Européens puissent encore voyager librement au Royaume-Uni. En revanche, sur les autres points, les négociations de juillet ont été infructueuses.

“Theresa May est prête à accepter que les citoyens européens continuent à voyager librement vers le Royaume-Uni pendant deux ans après le Brexit”, note The Times. Il s’agirait d’une période de transition qui commencerait au moment où le pays quitterait l’Union européenne à la fin du mois de mars 2019, explique le journal. Elle peut être considérée comme le signe qu’un “soft Brexit” se dessine, un scénario dans lequel le Royaume-Uni accepte – au moins pendant un certain temps –, les règles du jeu du club européen. Cela permettrait d’éviter une coupure trop brutale avec le bloc européen, qui aurait des conséquences néfastes, notamment pour les entreprises.

La durée de la période reste pourtant à être confirmée. Alors que, selon The Times, il s’agirait d’une période de deux ans, The Guardian note que celle-ci pourrait aller “jusqu’à quatre ans”.

La proposition du côté britannique a été faite dans le cadre des quatre jours de négociation à Bruxelles entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Mais à part ça, les négociations “ont eu peu de résultats”, selon The Times. Notamment sur la question de “la facture du divorce”, les obligations financières en cours que le Royaume-Uni devrait solder, “il y avait de la colère côté européen” parce que Londres “n’a pas fait de propositions”, rapporte le journal. Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, aurait même averti David Davis, ministre britannique chargé du Brexit, que “les négociations seraient interrompues le mois prochain si le Royaume-Uni ne présente pas un projet”. Fin août, les discussions devraient être reprises.

Droits des citoyens

Autre pierre d’achoppement : les droits des citoyens après la période de transition. Sur cette question aussi, les deux parties sont “toujours en désaccord”. L’UE a proposé que les citoyens britanniques résidant actuellement dans un autre pays européen – leur nombre s’élève à un million – aient le choix d’y rester, ou bien de rentrer au Royaume-Uni. En revanche, ils ne pourraient pas s’installer librement dans un autre pays de l’UE. Londres trouve pourtant que ce serait “injuste” de mettre fin à la libre circulation des citoyens britanniques, même si ces derniers ne seront plus des citoyens de l’UE.

Autre avantage de l’UE que le Royaume-Uni aimerait garder malgré son départ : la carte d’assurance maladie européenne. Le pays “espère pouvoir convaincre l’UE d’autoriser les citoyens britanniques à la garder” après le Brexit, selon The Guardian. Le journal rappelle que la carte permet aux citoyens européens de se faire soigner partout dans l’UE sans débourser d’argent.

Mais les désaccords ne s’arrêtent pas là. Notamment la Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg, la CJUE, fait l’objet d’“un conflit douloureux” entre les deux parties. L’UE souhaite que, une fois le pays sorti de l’UE, le tribunal continue à veiller sur les droits des citoyens européens vivant au Royaume-Uni, quelque 3,5 millions de personnes. Mais le gouvernement britannique ne l’entend pas de cette oreille : “Theresa May a promis de mettre un terme à la juridiction de la CJUE, un sujet emblématique pour les conservateurs en faveur d’un Brexit dur”, rappelle The Guardian.



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