Royal, Reine des Glaces | Chroniques politiques de la vie de Château, façon marquise de Sévigné

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segolene-royal-au-palais-de-l-elysee-le-19-octobre-2016_5729629Madame. Par la grâce du roi, vous ne fûtes point abaissée à choisir entre Pôle Emploi et Pôle Nord. Par la grâce de Monsieur Hulot, qui a l’oreille du roi, vous voici présentement en charge des pôles arctique et antarctique.
Nous louons comme il sied cet exploit du recyclage à l’ancienne, Madame. Au plus maugréerons-nous, toute à déplorer que la nouvelle politique, dont on nous beurre les oreilles, exhale encore bien des fragrances de l’Ancien régime.
Vous vous lamentâtes voici peu encore, lorsque le nouveau roi se prit, quel mufle, quel goujat, quel butor, de vous remplacer, vous, Madame, par Monsieur Hulot, avec rang de ministre d’Etat!
Vous fîtes tout juste bonne figure, à grincer tout de même que le roi Emmanuel Ier n’ait point daigné vous recycler en dépit de la bienveillance que vous lui témoignâtes durant la campagne.
Vous le jugeâtes ingrat et pout tout dire un peu sot de n’avoir point pris la mesure de vos incommensurables talents.
Vénère, fumasse, vous cherchâtes alors du boulot, triviale occupation qui vous coûta, tant il vous fallut vous abaisser à quémander, solliciter voire supplier ce qui, nous vous le concédons, se montra indigne de votre rang passé.
Non que vous vous trouvâtes dans la gêne, plutôt dans l’ennui. Tout ainsi que dans la frustration de n’être plus de celles et ceux sans qui la Cour n’est que patronage.
Un temps, vous caressâtes le dessein de devenir gazetière: nul ne se pressa à des fins de faire de vous-même une Pythie médiatique.
Commençâtes-vous, Madame, à douter de vos pléthoriques qualités?
Point.
Car vous êtes insubmersible, Madame: il y a gros à parier à l’hoca que même le blizzard saura se coucher à vos pieds, tout ainsi que les ours blancs sans doute plus courtois que les éléphants socialistes qui vous firent tant de mal.
Nous nous inclinons, Madame: en une lune, vous sûtes revenir en Cour, certes de façon quelque peu surgelée, mais avec ce panache qui, confessons-le, nous a toujours séduite.
La route qui mène aux confins de cette banquise qui sera désormais votre galerie des glaces, a été longue et semée d’icebergs.
Pressentant en effet le crépuscule de votre vie politique avec cette angoisse qui étreint les coeurs trempés dans l’acier, vous aviez tenté, Madame, une OPA sur cette Société des Nations que vous convoitiez, jugeant ce « Machin » digne de votre rang, à la hauteur de vos nobles desseins.
Vous harcelâtes le Flou, l’ancien roi, père de vos enfants, à des fins qu’il intriguât pour que l’on vous fit une place de premier plan dans ce concert.
Caramba! Ce fut raté. Par la faute de cet empoté.
Lorsque vous vîntes à penser que le jeune Macron avait quelque chance de devenir Emmanuel Ier, vous vous ralliâtes à son oriflamme, vous précipitâtes au « Vieux campeur » pour vous enquérir d’un alpenstock et vous en aller marcher, tout ainsi que les Pastoureaux qui s’entichaient de ce nouveau prédicateur.
La vérité commande de rapporter que le futur roi ne fut guère emballé à l’idée de faire du neuf avec du vieux et s’encombrer d’une douairière au caractère épicé, parfois un peu foldingue.
Il avait en mémoire certaines de vos fameuses incartades qui, par le Ciel, l’avaient mithridatisé contre tout dessein de prolonger vos aurores boréales, si flamboyantes fussent elles.
C’est alors que Monsieur Hulot, sensible aux destins des espèces en péril, à présent grand-prêtre de la transition énergétique, se souvint qu’il lui semblait malséant de vous abandonner, Madame, dans les affres du désoeuvrement.
Par la grâce de Dieu, le fauteuil de Monsieur de Rocard, nommé sur la fin de sa vie ambassadeur des glaces, était resté vacant ce qui, en cette occurrence, laissait entrevoir le fait que la charge, pour noble qu’elle fut, n’était point essentielle à la bonne marche du royaume.
Reine des Glaces, serez-vous, Madame, une sorte de reine de Thulé, à enseigner les règles de l’étiquette aux ours et aux pingouins?
Reine des Glaces, serez-vous, Madame, une fée des Neiges, à banqueter sur la banquise, à faire jouer « La Marche de l’Empereur » en l’honneur d’Emmanuel Ier?
Pour l’heure, Madame, votre élévation se doit d’être saluée ainsi qu’il sied lorsque l’on fait aussi fracassante entrée dans le casting d’ « Holiday on Ice ».

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