« Rien ne compense la générosité défaillante d’un pays riche »

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L’homme le plus riche du monde a plaidé auprès du gouvernement et du Congrès américains pour éviter une réduction dramatique des budgets pour les pays en voie de développement.

Une  mère et son enfant en état de sous nutrition, dans le nord-est du Nigeria, en septembre 2016.

L’ex-patron de Microsoft, Bill Gates, qui dirige la plus importante fondation au monde, publie pour l’ouverture des Assemblées générales des Nations unies, à New York, un rapport saisissant sur les progrès accomplis par l’aide au développement depuis 1990, et les risques encourus si les coupes budgétaires promises par la Maison Blanche devaient se concrétiser.

L’époque est à un certain cynisme sur l’aide au développement. Comment faites-vous pour convaincre les Occidentaux que le développement est aussi dans leur intérêt ?

Bill Gates : Aux Etats-Unis et ailleurs, le doute a en effet surgi de savoir si l’aide (au développement) bénéficie ou pas, au final, aux électeurs américains. En même temps, le secrétaire à la défense, James Mattis, a estimé que le budget du développement évitait aux forces armées américaines de devoir trop se déployer. Quant aux gens des Centers for Disease Control and Prevention (centres pour le contrôle et la prévention des maladies), ils ont vu, dans le cas d’Ebola, que nous ne sommes pas passés loin d’une épidémie qui aurait pu frapper bien plus largement que simplement l’Afrique. Donc il nous reste à mieux expliquer tout cela.

Aux Etats-Unis, le Congrès, qui a le dernier mot, est saisi d’une recommandation du gouvernement de couper sévèrement dans les budgets pour lutter contre la polio, le sida, le paludisme et supprimer carrément les aides pour la santé reproductive. Il semble pourtant que la Chambre des représentants et le Sénat ne vont pas suivre cette voie.

Vos efforts de plaidoyer ont donc payé ?

Disons que l’incertitude sur ce que va faire le gouvernement américain reste très élevée. Et je n’ai pas d’information privilégiée à ce sujet. Nous avons parlé à beaucoup de gens de l’exécutif. Ils ont compris certaines choses, par exemple pour la polio. Elle frappe surtout trois régions : le Nigeria, où sévit Boko Haram, la Syrie, avec tout ce qui s’y passe…



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