Prolonger la crise du Golfe n’est «dans l’intérêt de personne»


Le président Erdogan s'exprime après les premiers résultats du référendum en Turquie, le 16 avril 2017.

Le président Erdogan s’exprime après les premiers résultats du référendum en Turquie, le 16 avril 2017. — Yasin Bulbul/AP/SIPA

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé dimanche qu’une extension de la crise du Golfe n’était « dans l’intérêt de personne », avant d’effectuer une tournée dans la région pour tenter d’apaiser les
tensions entre l’Arabie saoudite et le Qatar.

« Le monde musulman a besoin de coopération et de solidarité »

« Il n’est dans l’intérêt de personne que cette crise se prolonge davantage (…) Le monde musulman a besoin de coopération et de solidarité, pas de nouvelles divisions », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’une conférence de presse à Istanbul avant de prendre l’avion pour Ryad. Le président turc se déplace dimanche en Arabie saoudite puis au Koweït, avant de se rendre lundi au Qatar.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu le 5 juin avec le Qatar, qu’ils accusent de soutenir « le terrorisme » et de se rapprocher de l’Iran, rival régional du royaume saoudien. « Dès les premiers moments de la crise du Qatar, nous avons été du côté de la paix, de la stabilité, de la solidarité et du dialogue. Nous avons fait les propositions nécessaires aux parties, et continuons de le faire », a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc a également indiqué qu’il soutenait la médiation de l’émir de Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, appelant les autres pays de la région et la communauté internationale à apporter un « soutien fort » aux efforts de son « frère ».

Un rôle de médiateur

Depuis le début de la crise, Ankara tente de jouer un rôle de médiateur entre les différentes parties, mais sa prise de position sans ambiguïté en faveur du Qatar a réduit sa marge de manœuvre, estiment nombre d’analystes. La Turquie est un proche allié du Qatar, avec lequel les relations se sont fortement développées ces dernières années, sur les plans économiques, diplomatique et sécuritaire. Ankara dispose ainsi d’une base militaire dans l’émirat gazier.

Mais la Turquie entretient parallèlement de bons rapports avec l’Arabie saoudite, poids lourd des monarchies du Golfe. Recep Tayyip Erdogan a d’ailleurs souligné samedi que le roi d’Arabie saoudite, Salmane, avait un « important rôle » à jouer en tant que « doyen de la région ».

Selon l’agence de presse progouvernementale turque Anadolu, Recep Tayyip Erdogan doit déjeuner dimanche avec le roi Salmane avant un entretien dans l’après-midi. Puis il sera reçu au Koweït par l’émir Al-Sabah dans la soirée. Lundi, il rencontrera au Qatar l’émir de cet Etat, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.



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