Moyen-Orient. Les détecteurs de métaux seront retirés de l’esplanade des Mosquées

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Les autorités israéliennes ont accepté de jouer la carte de l’apaisement. Sur l’esplanade des Mosquées, l’installation de portiques avait provoqué l’ire des musulmans. Ils seront démontés.

Après dix jours d’un violent face-à-face dans la vieille ville de Jérusalem, le gouvernement israélien a cédé. À l’issue d’une réunion qui aura duré quatre heures dans la soirée du lundi 24 juillet, détaille le quotidien Ha’Aretz, le cabinet de sécurité a accepté de démonter les détecteurs de métaux installés à l’entrée de l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam. Les portiques seront remplacés par un système “d’inspection reposant sur des technologies avancées”, précise un communiqué.

L’installation de ces détecteurs de métaux après le meurtre, le 14 juillet, de deux policiers israéliens en faction sur place, a déclenché une vague de colère des musulmans, palestiniens avant tout, venant prier à la grande mosquée Al-Aqsa. Les fidèles ont refusé de franchir ces portiques de sécurité et ont, par conséquent, boycotté l’esplanade et se sont installés à l’extérieur pour prier. Plusieurs jours de suite, les tensions ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre israéliennes. Cinq Palestiniens ont été tués et des centaines d’autres blessés.

Entretien avec le roi Abdullah

Le gouvernement israélien semble avoir cédé à une pression tous azimuts. Sur l’esplanade elle-même mais aussi en Jordanie, où la colère gonflait. Lundi soir, écrit Ha’Aretz, le roi Abdullah s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre Benyamin Nétanyahou et lui a demandé que les détecteurs soient retirés. La Jordanie est chargée de la gestion de l’esplanade des Mosquées. Dimanche, l’Autorité palestinienne avait également, pour la première fois, décidé de rompre sa coopération en matière de sécurité avec Tel-Aviv.

Enfin, sur le front diplomatique, outre un émissaire de la Maison-Blanche qui s’est rendu en Israël lundi, les Nations unies ont appelé à trouver une solution avant vendredi, rapporte The Times of Israel. “Les dangers sur place vont s’aggraver si nous passons un autre cycle de prière du vendredi sans solution”, a déclaré Nickolay Mladenov, émissaire onusien pour le Proche-Orient, après avoir informé lundi le Conseil de sécurité à la demande de l’Égypte, de la France et de la Suède.

Les choses semblaient également en voie d’apaisement, ou pour le moins de régularisation, à Amman où, dimanche soir, deux Jordaniens ont été abattus par un agent de sécurité de l’ambassade d’Israël. L’un des deux, âgé de 16 ans, l’aurait agressé avec un tournevis alors qu’il installait des meubles dans l’appartement du garde. La seconde victime, atteinte semble-t-il par des balles perdues, était le propriétaire de l’appartement. Peu après 23 heures, lundi, “tous les diplomates israéliens de l’ambassade, conduits par l’ambassadeur Einat Schlain, sont arrivés en Israël”, raconte Ha’Aretz. Parmi eux, l’agent de sécurité poignardé qui en raison de son immunité diplomatique n’a été ni arrêté, ni même interrogé par la police jordanienne.

Si donc d’un point de vue diplomatique l’incident semble réglé, grâce en partie à l’intervention du roi Abdullah, nombre de Jordaniens ne l’entendent pas de cette oreille. The Jordan Times explique que l’enquête officielle a conclu à une querelle en raison “d’un retard dans la livraison de meubles au personnel de l’ambassade”, querelle qui aurait dégénéré en agression physique du garde israélien. Ce dernier aurait fait usage de son arme, tuant les deux hommes. “Je veux savoir ce qui s’est passé”, a affirmé le père d’une des victimes, assurant que son fils n’était nullement politisé. “Il est allé là-bas pour installer des meubles, et il a été tué de sang-froid.”

En écho, Saleh Armouti, ancien bâtonnier du barreau jordanien et actuel parlementaire, a demandé que cet agent de sécurité soit jugé en Jordanie. “Il ne jouit d’aucune immunité, légale ou diplomatique, a-t-il déclaré au journaliste du Jordan Times. Être en poste comme garde de sécurité ne lui procure aucune immunité pour tuer des Jordaniens sans défense.”

François Gerles



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