Migrant: le parquet fait appel de la dispense de peine de Béatrice Huret

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Âgée de 44 ans, Béatrice Huret avait aidé un Iranien à embarquer, en juin 2016, sur un bateau de plaisance pour rejoindre l’Angleterre.

Le parquet de Boulogne-sur-mer a décidé de faire appel du jugement du tribunal de cette ville, mardi, qui a dispensé de peine Béatrice Huret, jugée pour avoir aidé un migrant iranien à gagner l’Angleterre par bateau, indiquent des sources concordantes. 

La décision du parquet a d’abord été annoncée à l’AFP par l’avocate de la prévenue, Me Marie-Hélène Calonne, puis confirmée dans la foulée par le parquet. 

« La solidarité est louable mais pas à n’importe quel prix »

L’appel du parquet concerne « les quatre prévenus », a-t-il précisé. Il avait requis un an de prison avec sursis à l’encontre de cette femme de 44 ans qui a dit avoir agi « par amour » pour l’Iranien qu’elle avait aidé. 

A l’audience mardi, la substitut Camille Gourlin avait affirmé que, dans cette affaire, « on a dépassé ce que la loi tolère en matière de solidarité ». « La solidarité est louable mais pas à n’importe quel prix et dans n’importe quelles conditions », avait-elle ajouté. 

Le tribunal correctionnel jugeait deux hommes et deux femmes pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger en France en bande organisée » et « mise en danger de la vie d’autrui ». 

Veuve depuis 2010

Interrogée sur cet appel, Me Calonne a déclaré qu’elle n’était « pas surprise » de cette initiative. « Cela correspond à la politique générale du parquet et au positionnement général de l’institution » judiciaire, a-t-elle commenté. 

Veuve depuis 2010 d’un mari policier, âgée de 44 ans, Béatrice Huret, ex-sympathisante du FN, avait prêté main forte à l’homme prénommé Mokhtar – dont elle était, disait-elle, tombée amoureuse – pour qu’il embarque, le 11 juin 2016, sur un petit bateau de plaisance. Cet Iranien avait pu ainsi rejoindre la Grande-Bretagne, après avoir été pris en charge par les services de secours britanniques à proximité des côtes anglaises, alors que l’embarcation était en difficulté. 

Béatrice Huret et un autre prévenu, Laurent C., également reconnu coupable mais dispensé de peine, avaient fait valoir à l’audience qu’ils n’étaient pas des passeurs et n’avaient retiré aucun profit financier de leur intervention. 

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