Ligue 1: l’OM Champions Project a-t-il déjà du plomb dans l’aile?

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FOOTBALL. Malgré des ambitions élevées, l’Olympique de Marseille est particulièrement discret depuis le début du mercato, ce qui commence à inquiéter les supporters.

Prendre une tisane. Voilà ce que conseille le président de l’OM Jacques-Henri Eyraud à ceux qui s’inquiètent du flou qui règne actuellement autour du club phocéen. « J’ai noté ces derniers temps un petit peu de nervosité parmi les supporters marseillais avec le démarrage de la période du mercato. Il existe des produits licites qui permettent de passer de bons moments », a-t-il assuré lundi, paquet d’infusions « Nuit tranquille » à l’appui, lors de la conférence de présentation de Valère Germain, première recrue marseillaise de l’été. 

Il faudra pourtant plus qu’une communication rodée et une bonne tisane pour calmer l’impatience des fans olympiens, nombreux à se plaindre sur les réseaux sociaux du peu d’activité de leur club sur le marché des transferts, ouvert depuis le 9 juin. Alors que les hommes de Rudi Garcia ont repris l’entraînement lundi et qu’ils disputeront samedi leur premier match amical, Valère Germain est le seul à avoir inscrit son nom dans la colonne « arrivées ». Une signature qui a tout de la bonne idée. Natif de Marseille, joueur intelligent et bon attaquant de complément, il a claqué 10 buts avec Monaco en Ligue 1 en 2016-2017. 

Le départ de Gomis laisse un vide

S’il a des qualités évidentes, Germain n’a toutefois pas le profil du joueur susceptible de faire décoller le fameux « OM Champions Project », le programme lancé par l’homme d’affaires américain Frank McCourt lors de sa reprise du club en octobre 2016 avec l’objectif de remporter à terme la Ligue des champions. Il n’est même pas certain que l’ancien Niçois parvienne à combler le vide laissé en attaque par le départ de Bafétimbi Gomis, capitaine la saison dernière et auteur de 20 buts en 31 matchs. Prêté par Swansea, il n’est pas parvenu à trouver un accord financier avec les dirigeants marseillais et devrait prendre la direction de la Turquie où il est attendu à Galatasaray. 

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Le départ quasi-officiel de William Vainqueur n’est pas non plus un signal positif envoyé aux supporters. Arrivé lui aussi à la fin de son prêt, le milieu de terrain défensif, qui appartient à l’AS Rome, souhaiterait prolonger son aventure sur la Canebière. Mais selon L’Équipe, l’état-major phocéen ne serait pas disposé à lui offrir le même salaire qu’il touchait en Italie, estimé à 420 000 euros bruts mensuels. Il ne sera pourtant pas simple de lui trouver un successeur du même niveau. Indiscutable sous Garcia, il a grandement contribué à la 5e place de l’OM en réalisant avec brio un travail de l’ombre à la récupération. 

Des joueurs difficiles à convaincre

À un mois de la reprise du championnat, l’OM s’est donc pour l’instant plus affaibli qu’il ne s’est renforcé et semble avoir des difficultés à attirer des joueurs de renom. Courtisé par les dirigeants phocéens, l’Italien Mario Balotelli a par exemple préféré rester à Nice, où il s’est relancé après deux saisons compliquées. Olivier Giroud (Arsenal), le Monténégrin Stevan Jovetic (Inter Milan) et le Colombien Carlos Bacca (Milan AC), eux, sont toujours suivis de près, d’après les informations de L’Équipe, mais ces trois buteurs semblent pour l’instant privilégier d’autres pistes. 

L'attaquant monténégrin Stevan Jovetic, ici sous le maillot de l'Inter Milan le 16 avril 2016, fait partie des cibles de l'OM.

L’attaquant monténégrin Stevan Jovetic, ici sous le maillot de l’Inter Milan le 16 avril 2016, fait partie des cibles de l’OM.

REUTERS/Alessandro Garofalo

En mars, McCourt avait pourtant promis au micro de Yahoo Sports qu’il n’hésiterait pas à investir « 50 ou 60 millions d’euros » sur un seul joueur si une belle opportunité se présentait. Il a jusqu’au 31 août pour le prouver, ou tout du moins renforcer qualitativement son effectif. Un délai suffisant selon Franck Belhassen, agent de joueurs. « Chaque club cherche à acheter au meilleur moment au meilleur prix, ce qui peut prendre du temps. Je pense également que Rudi Garcia et Andoni Zubizarreta travaillent dans le secret, ils avancent depuis plusieurs mois sur des dossiers dont les médias ne sont pas au courant », indique-t-il à L’Express. 

Le cas Payet préjudiciable

« Le seul problème pour les dirigeants marseillais, c’est que les joueurs, les clubs et les agents sont gourmands avec eux depuis qu’ils ont offert cet hiver 30 millions d’euros à West Ham pour rapatrier Dimitri Payet, à qui ils ont donné un salaire très élevé (environ 6 millions d’euros bruts annuels). L’OM a maintenant l’image d’un club prêt à dépenser beaucoup d’argent », poursuit Franck Belhassen. De quoi ralentir le club phocéen dans ses négociations, alors que ses rivaux ont déjà bien avancé leur recrutement. 

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Juste devant l’OM lors du dernier exercice, l’OL a réussi une belle opération en signant lundi l’ailier burkinabé Bertrand Traoré (Chelsea). Nice a attiré de jeunes milieux prometteurs (Pierre Lees-Melou, Jean-Victor Makengo, Adrien Tameze) et Monaco enchaîne les recrues pour anticiper de probables départs. Parmi les cadors supposés du championnat, seul le PSG est jusqu’à présent encore plus timide que l’OM durant ce mercato. L’an dernier, le club phocéen avait attendu le 29 juillet pour frapper un grand coup avec la signature de Gomis. Les supporters n’ont plus qu’à s’armer de patience. 

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