les usagers pris de court par l’arrêté ministériel

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Alors que la vente de médicaments codéinés est soumise à une ordonnance depuis le 12 juillet, consommateurs occasionnels ou accros assumés racontent leur frustration.


Depuis l’arrêté du ministère de la santé mettant fin à la vente sans ordonnance des Codoliprane, Néo-codion et autres médicaments à base de codéine le 12 juillet, Elisabeth (prénom d’emprunt), 32 ans, panique. « J’ai pleuré plusieurs fois. Ce n’est pas tellement le fait de me dire que je ne prendrai plus de codéine, c’est la violence de la mesure », raconte cette mère de famille.

Depuis l’adolescence, elle souffre d’anxiété généralisée avec attaques de panique. D’abord traitée avec du Xanax, mais ne supportant plus les effets secondaires, elle a préféré l’auto-médication avec de la codéine, un opiacé qui a un effet euphorisant. Pas plus de six comprimés par jour, la posologie maximale recommandée. Cette mesure, « c’est vraiment nier une souffrance d’une partie de la population, estime-t-elle, comme si on était coupable de quelque chose alors qu’on a juste acheté des médicaments en vente libre. »

Le changement de réglementation décidé mi-juillet, avec application immédiate, par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a un objectif : empêcher l’utilisation récréative de cocktails à base de codéine par les adolescents, appelé notamment « purple drank ». Mais ce sont des consommateurs plus nombreux et plus âgés qui racontent être touchés par la mesure. Près de 150 personnes ont répondu à notre appel à témoignages, usagers quotidiens ou occasionnels, frustrés ou souffrant de ne plus pouvoir aller en pharmacie pour se procurer leur antalgique.

« Le premier truc que je me suis dit, c’est “comment vais-je faire ?” », raconte Audrey Arnaud, 31 ans, infirmière. La jeune femme utilise occasionnellement de la codéine pour soulager ses migraines. « J’ai pensé aller en pharmacie pour faire des stocks, mais avec mes horaires, je n’ai même pas le temps. » Elle entend se rendre chez le médecin dès que possible pour obtenir une prescription : « Je…



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