Les démons de Mathieu Kassovitz

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Il est « Malotru », dans la série « Le Bureau des légendes » comme dans la vie. On le pensait assagi mais, à 50 ans, le réalisateur de « La Haine » reste dévoré par un feu intérieur.

Jeudi 24 août, 15 heures. Jusqu’ici, tout va bien. « Malotru » n’a repoussé le rendez-vous que d’une journée. Changé d’horaire et de lieu seulement deux fois. Il fait en plus exceptionnellement beau à Paris, ou plus exactement à Vincennes. La vedette du Bureau des légendes habite en lisière du bois, à deux cents mètres du métro. Certes, il n’avait pas averti que la sonnette était cassée. Il faut le héler par-dessus le portail, attendre sans recevoir de réponse, mais ça laisse le temps de se préparer.

Le client n’a pas la réputation d’être facile. « I’m not Orson Welles, I’m not Steven Spielberg. I’m fucking Mathiou Kassovitz », lança-t-il un jour à l’équipe qu’il dirigeait pour le tournage de Babylon A.D. C’était il y a dix ans, lors de son exil à ­Hollywood. Aujourd’hui, il est « moins en colère, plus apaisé », nous ont assuré ses proches. Il ne conchie plus autant le cinéma français. Il a cessé de remettre en cause dans les médias la « version officielle » (sic) des attentats du 11-Septembre.

A voir : « Fucking Kassovitz », le making of de « Babylon AD »

Dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, sur Twitter, il a traité Nicolas Dupont-Aignan de « trou du cul », mais son flot d’insultes sur les réseaux sociaux s’est un peu tari. Il préfère poster des photos de ses chiens sur Instagram et faire partager sa douleur à la mort de Mister Pimp, son vieux labrador, fidèle « compagnon pendant quinze ans ».

Il dit du bien du président Macron, qu’il trouve « cool ». Il joue dans le dernier film du très admiré Michael Haneke, Happy End, qui sort le 4 octobre. Il est la tête d’affiche de l’excellente série de Canal+ sur les services secrets français, saga qu’il qualifie lui-même de « patriotique », à l’instar de son réalisateur Eric Rochant. Adieu « Fucking Mathiou ». C’est ce qu’on se répète en toquant sur la palissade de la propriété avec, malgré…

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