L'embellie se confirme pour le début du quinquennat Macron

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Du moral des ménages au climat des affaires en passant par la consommation, les voyants économiques sont au vert pour Emmanuel Macron, qui devrait profiter d’une accélération de la croissance avant même la mise en oeuvre de ses réformes.

Le « ça va mieux » prêché par François Hollande, « on y est », juge Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture chez Xerfi, pour qui « l’horizon se dégage ». « Il y a un faisceau d’indicateurs positifs. On sent qu’il se passe quelque chose », ajoute l’économiste, interrogé par l’AFP.

Le moral des ménages, calculé sur la base de soldes d’opinion, a ainsi atteint au mois de mai son plus haut niveau depuis l’été 2007, à la faveur d’un regain d’optimisme sur le niveau de vie futur en France, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Les dépenses de consommation des ménages français en biens, moteur traditionnel de la croissance dans l’Hexagone, ont quant à elles rebondi en avril, enregistrant une hausse de 0,5% après avoir été en berne pendant deux mois.

L’optimisme est également de mise du côté des entreprises: le climat des affaires, publié mardi dernier, s’est ainsi amélioré en mai, atteignant un niveau inédit depuis cinq ans dans le secteur du bâtiment. Et l’activité du secteur privé a poursuivi son expansion, pour atteindre son plus haut niveau en six ans, selon l’indice PMI.

« La tonalité générale est un peu plus favorable », résume à l’AFP Denis Ferrand, directeur de l’institut Coe-Rexecode. D’autant plus que la croissance au premier trimestre a été révisée à la hausse, à +0,4% au lieu des 0,3% jusque-là annoncés, grâce à un investissement plus dynamique que prévu.

« Le socle de croissance est solide », souligne Alexandre Mirlicourtois, qui anticipe une amélioration de l’activité au cours des prochains mois grâce à un « alignement des planètes favorables », avec des prix des matières premières et du pétrole bas ainsi que des taux d’intérêt encore faibles.

– « Revers de la médaille » –

D’après l’Insee, l’acquis de croissance – c’est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait si l’activité ne progressait pas sur les trois prochains trimestres – est ainsi de 0,9% actuellement, contre 0,7% annoncés auparavant. Et la croissance devrait accélérer au deuxième trimestre, à +0,5%.

Des prévisions de bon augure pour Emmanuel Macron, qui hérite d’une conjoncture économique favorable… avant même d’avoir mis en oeuvre son programme de réformes, destiné à relancer la croissance en renforçant la compétitivité des entreprises.

« Ca va mieux, mais ça n’est pas spectaculaire non plus », nuance toutefois auprès de l’AFP Christian Saint-Etienne, professeur à l’université Paris-Dauphine, qui rappelle que la croissance en France reste inférieure à la zone euro.

Selon la Commission européenne, la hausse du PIB devrait se limiter à 1,4% cette année en France, contre 1,7% dans le reste de la zone euro. Et la croissance devrait stagner en 2018, quand elle accélérerait dans le reste de l’UE.

L’activité tricolore reste dépendante des résultats du commerce extérieur, qui peuvent venir « hypothéquer » la reprise, souligne Denis Ferrand.

En 2016, le déficit commercial s’est creusé à 48,1 milliards d’euros, et il a atteint en janvier un niveau inédit. Résultat: sur le premier trimestre, les échanges extérieurs ont pesé sur la croissance à hauteur de 0,7 point.

« Le fait qu’on ait une croissance qui repose sur l’investissement des entreprises a aussi comme revers de la médaille que cela dynamise fortement les importations », explique l’économiste.

« Maintenant il faut escompter qu’il y ait une véritable amélioration de la compétitivité des entreprises: c’est ce qui sera le marqueur d’une véritable réussite ou pas de ce qui a été la politique économique du précédent quinquennat », conclut-il.



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