Le monde cruel de la télé: pire que Guillon, les évictions les plus brutales

0
11



Alors que Stéphane Guillon n’a pas été reconduit à la rentrée prochaine dans l’émission Salut Les Terriens, L’Express revient sur les personnalités ayant déjà connu le même sort.

Stéphane Guillon ne reviendra pas dans l’émission Salut Les Terriens à la rentrée. Il l’a appris par un journaliste, la direction de Canal ne l’ayant pas même averti de sa non-reconduction. « J’aurais bien aimé que le groupe Canal+, avec qui je travaille depuis 2003, me prévienne, un petit coup de téléphone, cela se fait entre collègues, a-t-il confié sur Facebook. Pas un pot de départ, je n’en demande pas tant, mais un appel, ou un texto agrémenté d’un Smiley l’air contrit. Plus facile qu’un appel. Mais encore une fois, je ne juge pas, chacun sa méthode. » 

LIRE AUSSI >> Stéphane Guillon « viré » de « SLT »: C8 dément toute brouille avec le chroniqueur 

En 2010, l’humoriste est déjà brutalement licencié de France Inter, en même temps que Didier Porte. Stéphane Guillon est-il particulièrement malmené ou est-ce la dure loi de la télé? 

Des évictions qui se déroulent « en 24 heures »

Il semblerait qu’apprendre son licenciement du jour au lendemain soit monnaie courante dans le milieu, à en croire les témoignages de journalistes ou de présentateurs qui se font, chaque année, remercier par les directions de chaînes ou de stations de radio.  

Récemment, par exemple, c’est David Pujadas, qui, après 16 ans de journal de 20 Heures sur France 2, apprend soudainement que Delphine Ernotte préfère se passer de ses services. Quelques mois auparavant, Julien Lepers est remplacé à l’animation de Questions pour un champion, après 28 ans, sans pouvoir dire au-revoir à ses équipes. 

« J’ai été convoqué par la responsable, qui m’a dit: ‘la chaîne ne veut plus de toi comme animateur’. Je ne savais pas que la veille j’avais fait ma dernière émission. Je ne le savais pas. Ça s’est fait en 24 heures », confiera-t-il sur le plateau de Touche pas à mon poste

Jean-Pierre Elkabbach, lui, connaît une fin plus douce, sur Europe 1. Son interview matinale est d’abord supprimée, puis sa présence limitée au weekend. C’est là qu’il décide de quitter la station pour CNews. « J’étais la meilleure audience d’Europe 1, j’étais en tête, avec des résultats positifs, devant même mon ami Canteloup […]. Il y a quelqu’un pour qui j’étais insupportable, à un moment donné on a choisi de m’écarter, assure-t-il peu après sur RTL. Mon destin, c’est moi qui le prend en main donc j’ai dit goodbye, avec tristesse et émotion. » 

LIRE AUSSI >> « Je dis à bientôt »: adieux émus d’Elkabbach à la matinale d’Europe 1 

Des règlements de compte personnels ou politiques

Claire Chazal ne peut pas lutter contre la volonté de Nonce Paolini, en 2015, qui lui retire, juste avant de lui-même quitter TF1, la présentation des JT du weekend. Mais, contrairement à certains de ses camarades, la journaliste ne se faisait guère d’illusion. 

« Je ne crois pas que ce soit mon âge qui a motivé mon départ, indique-t-elle alors à Télé Loisirs. Pour dire les choses clai­re­ment, il n’y avait aucun motif professionnel dans cette déci­sion. C’est une déci­sion person­nelle du président de TF1, c’est tout. Cela étant, je savais bien que ça allait arri­ver un jour. » 

Il y a près de 10 ans, c’est Patrick Poivre d’Arvor qui connaissait le même sort sur la même chaîne. Le journaliste pense alors être victime d’un « licenciement déguisé », à cause d’une interview de Nicolas Sarkozy, lors de laquelle il avait qualifié le président de « petit garçon ».  

Dans Le Parisien, le journaliste déplore que la chaîne n’ait pas attendu qu’il parte de lui-même, à la date qu’il avait choisie, en 2012. « Ils sont bêtes parce que, vous voyez, je ne serais plus là depuis maintenant trois ans. J’aurais débarrassé le plancher correctement. Ils n’auraient pas eu cette chute d’audience, ils n’auraient pas eu les problèmes qu’ils ont eus avec la presse, avec les téléspectateurs… Je n’étais pas un problème. Ça marchait très bien, les gens aimaient beaucoup ce journal, ils étaient très nombreux à le regarder. Je pense qu’ils ont commis une erreur, et ils le savent. » 

Des disparitions parfois définitives

La plupart du temps, ces stars de l’information ou de l’animation réussissent toutefois à rebondir, quitte à provoquer d’autres évictions moins médiatiques celles-là, mais tout aussi violentes. Laurent Goumarre, qui animait Entrée Libre jusqu’à ce que Claire Chazal ne le remplace, a ainsi du mal à cacher son agacement au micro de La Nouvelle Édition, en janvier 2016. « Bien sûr, il y a une déception d’avoir été retiré de mon émission, j’imagine que tout le monde peut le comprendre. C’est douloureux, mais je n’ai pas de ressentiment. Je ne suis pas Julien Lepers », plaisante-t-il. 

D’autres, en revanche, ne retrouvent jamais le chemin des plateaux. Danièle Gilbert, écartée de TF1 en 1982, poursuit sa carrière dans des centres commerciaux. Elle a beau être l’animatrice préférée des Français à l’époque, elle finit tout bonnement par disparaître des radars. « Je n’ai aucune revanche, assure-t-elle sur Europe 1 en 2015. Aucune rancoeur. » Stéphane Guillon ne peut, a priori, pas en dire autant. 

Laisser un commentaire