Le journaliste Loup Bureau doit atterrir ce dimanche matin en France

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La libération de Loup Bureau, journaliste français, a été annoncée vendredi 15 septembre.

La libération de Loup Bureau, journaliste français, a été annoncée vendredi 15 septembre. — Bertrand Combaldieu/AP/SIPA

Le scénario tant espéré se confirme. Le journaliste Loup Bureau, sous le coup d’une expulsion de Turquie, est en route pour Paris où il va pouvoir enfin retrouver sa famille et ses amis, après plus de cinquante jours d’incarcération dans une prison turque sous l’accusation d’appartenance à « une organisation terroriste armée », a annoncé l’organisation Reporters sans frontières.

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Il a embarqué directement sur le tarmac

Il devrait arriver peu avant 9h, a twitté le secrétaire général de Reporters sans frontières Christophe Deloire. « Loup Bureau est à bord du vol AF1391, qui a décollé d’Istanbul à 6h13 locale. Arrivée à Paris à 8h40 selon Air France », indique Christophe Deloire. « Les autorités aéroportuaires turques ont fait embarquer Loup Bureau directement sur le tamac, pour éviter tout contact avec les médias », précise-t-il.

Le reporter indépendant de 27 ans, accusé par Ankara d’appartenance à « une organisation terroriste armée », est sous le coup d’une mesure d’expulsion. Son avocat français Martin Pradel avait indiqué samedi que le journaliste, dont la libération a été annoncée vendredi, avait quitté Sirnak, ville du sud-est de la Turquie où il était resté détenu 51 jours, pour se rendre à Diyarbakir, et ensuite gagner Istanbul, puis Paris, très probablement dimanche matin.

Le père de Loup Bureau reçu à l’Elysée

Le père du journaliste, Loïc Bureau,, installé près de Nantes, s’est rendu à Paris dès samedi. « Tout le comité de soutien, sa petite amie, viennent à Paris » mais « tant qu’il n’est pas sur le sol français, je garderai une petite appréhension », a-t-il déclaré.

La libération de Loup Bureau, emprisonné en Turquie à Sirnak depuis 51 jours, avait été annoncée vendredi par son comité de soutien et son avocat, selon lequel il a passé la nuit dans un poste de police.

Cette libération, intervenue dans la foulée d’une visite de Jean-Yves Le Drian à Ankara, constitue « un grand soulagement », avait salué le président Emmanuel Macron. Interrogé sur une éventuelle contrepartie à cette libération, l’avocat a déclaré : « Je n’ai aucune raison de le penser ». « Simplement faire comprendre aux autorités turques tout le tort qu’elles se faisaient en persistant à emprisonner un journaliste français (…) a pu être suffisant », a-t-il dit.

Incarcéré pour des images tournées en 2013

Le journaliste avait été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l’Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation « terroriste » par Ankara) eurent été trouvées en sa possession.

Ces images datent, selon sa défense, d’un reportage réalisé en 2013 sur les conditions de vie des populations syriennes.

Loup Bureau est soupçonné par la justice turque d’être un « membre » des YPG, selon son acte d’accusation relayé par son avocat français. La justice turque avait rejeté à deux reprises une demande de libération conditionnelle du journaliste âgé de 27 ans.

« Tout a basculé au milieu de la semaine dernière avec l’acte d’accusation et la fixation d’une audience », a expliqué Martin Pradel. Suite à la rédaction de cet acte d’accusation, le dossier de Loup Bureau a été transféré à un juge.

« Le juge a immédiatement voulu recevoir Loup et a immédiatement statué sur la question de sa libération alors que par ailleurs l’enquête se poursuit », a ajouté l’avocat. « Cette expulsion, même si le combat n’est pas terminé, permettra à Loup de retrouver sa famille », a souligné l’avocat, évoquant des conditions de détention « extrêmement dures ».

« Il a toujours au-dessus de lui un risque de condamnation, une condamnation extrêmement grave puisque cela voudrait dire que Loup est un terroriste », a-t-il rappelé.

« La libération de Loup Bureau est une bonne nouvelle en soi, c’est la fin d’un déni de justice qui a été trop long mais la liberté de la presse en Turquie demeure absolument déplorable », a pour sa part estimé Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). « Malheureusement je ne crois qu’on puisse l’interpréter comme un signe positif plus global pour la liberté de la presse en Turquie puisqu’il y a toujours plus de 100 journalistes en détention parce qu’ils font leur métier », a-t-il conclu.

 



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