Le date pourri d’Elena : « Il a mis une gaine pour pénis »

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Voici l’histoire d’Elena. Un rendez-vous plus « spécial » que pourri. C’est un ami d’Elena qui nous a raconté cette histoire. Et nous l’avons joint au téléphone pour qu’elle la complète. Avec ce récit, Elena rejoint notre série de témoignages sur les applis et sites de rencontres.

Nous attendons de ces témoignages qu’ils éclairent les nouveaux modes de séduction. Loin des happy-ends qu’on connaît déjà, il s’agit de documenter le côté obscur de ces applis. Les attentes insatisfaites, les fantasmes qui s’envolent, la cruauté de ces rencontres d’inconnus.

Si vous avez-vous même vécu un « date » bien moisi, écrivez-nous (rgreusard@rue89.com), nous nous ferons une joie d’exorciser votre traumatisme dans ces colonnes.

Elena : 31 ans, infirmière (c’est elle qui raconte)

Jørund : 40 ans, ingénieur sur les routes

Avant la rencontre

Je suis sur Tinder depuis deux mois et début janvier, je suis partie en vacances en Norvège. J’étais avec un pote qui bosse dans un hôtel paumé, au milieu de nulle part. Il se plaignait beaucoup de ne rencontrer personne. Enfin surtout pas de meuf. Du coup, je lui ai conseillé de s’inscrire sur Tinder. Bon, par la force des choses j’installe l’appli moi-même. Pour voir. Et finalement, évidemment, c’est moi qui matche avec un Norvégien.  

Le match

La première photo, il était assis sur un muret avec un air un peu renfrogné. Je me suis dit:

« Putain, il est trop canon. »

C’est un blond typiquement norvégien. Un grand, un peu baraque parce qu’il faisait du ski et du snow tout le temps. Il a les yeux bleus azurs. De tous les mecs avec qui j’avais matché, c’était vraiment celui que je voulais avoir.

On discute un peu, de tout, de rien, de ce que je fais là et puis assez vite, ça part en sextos. Il m’envoie une photo de son dîner en me disant de venir. Puis de son lit. C’est sexy.

Je dois rentrer en France le mardi et il me propose de venir me chercher le lundi soir à mon hôtel. On mangera chez lui et il m’emmènera au train le mardi matin. Ça me rapproche de l’aéroport et on trouve que ça se goupille bien. En même temps, j’hésite quand même pas mal. Je ne le connais pas ce mec. C’est mon pote qui finit par me convaincre.

« Vas-y et si c’est chaud tu m’appelles ! »

Le mec m’avait demandé :

« Qu’est ce que tu aimes boire ? »

J’avais répondu :

« Des mojitos ! »

Il m’avait dit qu’il m’en ferait. Et à ce stade, je me dis :

« Au pire, s’il est relou, je le trouverais plus marrant avec de l’alcool… »

Le « date »

Le mec vient donc me chercher dans le bled paumé. Il a fait une heure et demi de route de chez lui jusqu’à moi. Il a faim. Enfin, il est affamé même. Parce qu’on refait ensuite une heure et demi vers chez lui. Donc trois heures de route en tout, pour lui.

L’heure et demi de voiture est longue. Mon anglais est approximatif et on parle en anglais. D’où tu viens, etc, etc. C’est un peu bizarre comme ambiance. J’ai un peu l’impression d’être une prostituée qu’il est venu chercher à un hôtel. On arrive chez lui et c’est aussi bizarre. On commence à discuter et il me dit :

« Bon, je fais à manger mais je te préviens, y a trois heures de cuisson. »

Il est déjà 22h. On ne va pas manger très tôt donc… OK. Il me prépare un mojito dégueu. Je remarque qu’il a une obsession de la propreté. Dès qu’il salit un truc, il le nettoie à la seconde et il n’arrête pas de cleaner son plan de travail. Je lui demande pourquoi. Il me répond.

« On ne sait jamais si mes parents arrivent à l’improviste »

Je lui demande :

« Mais pourquoi tes parents arriveraient à l’improviste ? Tu as 40 ans, deux enfants… »

Il me répond :

« On ne sait jamais »

Plus tard, il m’expliquera qu’ils ont sa clé pour des travaux et qu’ils peuvent venir quand ils le veulent. Ses parents, c’est un gros truc, puisqu’il me dit aussi :

« Qu’est-ce que mes parents penseraient s’ils savaient que je ramenais une fille un lundi soir pour lui faire des mojitos ? »

J’ai envie de lui répondre :

« Heu je ne sais pas, mec, c’est pas non plus aberrant comme activité. »

Il se passe des trucs chelous. Genre, il me dit un truc en norvégien. Je lui demande de me traduire. Il me dit :

« Je te demandais combien ça t’avait coûté de te refaire les lèvres. »

Mes lèvres ne sont pas refaites. Trop bizarre.

Et puis je lui demande si je peux fumer, il me dit « oui, dehors » alors qu’il fait moins 10 degrés. Le mec ne peut même pas imaginer que je fume à la fenêtre. Bref. On finit par manger. Des pâtes à la bolognaise. C’était ça qui méritait trois heures de cuisson. Elles sont pas mal mais quand même. TROIS HEURES DE CUISSON.

Il n’a pas l’habitude d’avoir une fille chez lui. Je le sens dans tout ce qu’il fait ou plutôt ne fait pas. Il ne fait aucun geste vers moi. J’ai su plus tard qu’en Norvège, ce sont plutôt les nanas qui attaquent. Donc si tu ne fais rien quand tu es une meuf, il ne se passe rien.

Il est une heure du matin quand je décide de passer à l’attaque.

Parler de la Norvège et des fjords c’est sympa, mais je ne suis pas là pour ça. Ceci dit, en trois heures, j’en aurai plus appris sur le pays qu’en cinq jours. Je suis bourrée. Il est saoul aussi. Pas ivre mort hein, mais quand même.

On se chauffe et on commence à coucher ensemble. Bon, ça m’arrive tout le temps en ce moment : je découvre que le mec a un petit sexe. Il a un petit machin quoi. C’est un petit haricot, une petite virgule. Du coup, je ne le sens pas et je m’ennuie. Il le comprend et donc là il me dit (toujours en anglais) :

« Toi, tu as l’air d’aimer les grosses. »

Je ne réponds rien. Bah oui, c’est gênant, vu qu’il en a une toute petite.

Il ne se démonte pas et m’annonce une surprise…

« Attends, ferme les yeux, je reviens. »

Moi, je joue le jeu. Tout en me demandant avec quoi il va revenir.

Il revient (j’ai toujours les yeux fermés). J’entends qu’il manipule des trucs et là il me pénètre avec quelque chose de plus gros et plus froid. A la seconde où « ça » me pénètre, je comprends qu’il a mis quelque chose sur lui. Je suis sur le ventre, il est sur moi.

Je n’ai pas peur, je suis curieuse, intriguée je me dis même :

« Cool. Monsieur a de la ressource. »

Le mec aurait été effrayant, j’aurais peut être flippé. Mais là, il est tellement rangé. Il n’a pas du tout l’air d’un zinzin quoi, il est même bien dans sa vie, séparé avec ses deux gamins.

Impossible de flipper. Et l’alcool aidant, j’ai juste envie de passer un bon moment. Je me dis aussi que je vais avoir un truc à raconter à mes copines.

Le rapport est plutôt agréable. Bon, je n’ai  pas d’orgasme et le mec n’est pas hyper sensuel. Et puis il a une espèce de sourire béat pendant tout l’acte. Un air bienheureux que je trouve particulièrement gênant. J’ai l’impression de faire l’amour avec un gosse de 40 ans.

En plus, son sourire lui fait un peu une gueule de joker. Il n’est plus du tout beau quand il sourit. Du coup, je lui dis d’arrêter de sourire, en riant, mais je lui dis quand même.

Ça se termine. Il se met sur le dos, il enlève le truc qu’il a mis sur sa bite et il me dit :

« C’est autant agréable pour toi que pour moi »

Il me montre le truc : c’est comme une prothèse de pénis. Ça se met comme une capote. C’est une sorte de gélatine qui quadruple, quintuple la taille de ta bite. J’hallucine un peu du machin.

Il me dit qu’il l’utilise parfois seul. En plus, il y a des microbilles à l’intérieur. J’ai fait des recherches plus tard, c’est une « gaine pour pénis ». Il m’a pénétrée avec une gaine pour pénis. Je lui rends et je le vois ranger le machin à côté de lui.

Et là, je capte qu’il a ramené une mallette entière quand il m’a dit de fermer les yeux. La boîte est plus grande qu’une boîte à chaussures et bien remplie. J’y vois au moins quatre godes normaux de différentes couleurs et pleins d’autres trucs.

Tout est rangé par ordre de grandeurs, parfaitement ordonné. En fait, c’est rangé comme ses couverts. Le mec est vraiment un méga maniaque. Et cette boîte va bien avec son personnage.

Si on était retournés dans la cuisine à 5 heures du mat, on aurait eu l’impression qu’on n’y était jamais passés, alors qu’on y avait pris une cuite… Le matin on remet ça mais sans sextoy et bon, du coup, je m’ennuie plus.

Après ça, on se lève. Beaucoup trop tôt puisqu’on a encore deux heures devant nous… Je suis en gueule de bois. On n’a plus grand-chose à se dire. Je prends une douche interminable pour passer le temps. Je passe mille ans dans la salle de bains. Et enfin, on part à la gare.

Quand on est arrivés chez lui, il m’avait dit :

« Bon, là, il fait nuit mais tu vois là il y a un lac. »

En fait, je ne pouvais pas voir où on était et je ne savais pas où on était. Le matin, quand je me lève je découvre le paysage. C’est juste magnifique.

Après

Il m’a emmenée au train et m’a même payé mon billet parce que je n’y comprenais rien. J’ai sauté dans le train sans demander mon reste. Plus tard il m’a demandé :

« C’est bon t’es bien à l’aéroport ? »

J’ai répondu

« Oui, oui. »

Et puis plus de nouvelles.

Je lui avais dit :

«Si un jour tu viens à Paris, tu me fais signe !»

Mais c’était de la politesse…

Après mon départ il a remis plein d’autres photos sur son profil, donc j’imagine qu’il s’est dit :

« Trop bien ça marche, cette appli ! »

L’avis d’Elena sur les applis

Quand j’ai découvert Tinder, j’étais comme une gosse à Noël. Je me calais cinq rencards par semaine. Aujourd’hui, je trouve ça sympa mais je me suis lassée. C’est un peu tout le temps pareil.

Tu matches, il faut donner la bonne phrase pour que la personne réponde. Et ensuite il faut toujours tout recommencer.  

« D’où tu viens ? Qu’est ce que tu fais comme métier ? »

Blablablabla. C’est pénible. Après, j’ai quand même fait des chouettes rencontres. Dont une vraiment exceptionnelle.

Aller plus loin

Et tous les autres Tinder Surprise sont là ! Bon appétit !



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