« Le compte pénibilité, première régression sociale du macronisme »


Le fondateur de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante François Desriaux dénonce trois « injustices » du recul du gouvernement sur la prise en compte de la pénibilité au travail.

Le Monde
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La ministre du Travail Muriel Pénicaud et le premier ministre Edouard Philippe dévoilent les réformes du droit du travail, le 6 juin 2017 à Paris. REUTERS/Charles Platiau

TRIBUNE. « On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens ». Emmanuel Macron a choisi la pénibilité du travail pour éprouver la célèbre formule du Cardinal de Retz et signer l’un de ses premiers arbitrages défavorables aux salariés les plus exposés aux mauvaises conditions de travail. En décidant, pour quatre des dix critères d’accès au compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P) – manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques et expositions aux agents chimiques – de changer radicalement la philosophie du dispositif élaboré par le gouvernement Ayrault, le nouveau président de la République et son gouvernement ont affiché la couleur : ils ne sont ni de gauche, ni de gauche !

En effet, sans le dire, Edouard Philippe en revient aux critères « pénibilité » défini par François Fillon en 2010 quand celui-ci était ministre des Affaires sociales. C’est donc un retour en arrière conséquent pour ces quatre facteurs de risque, puisque le nouveau dispositif ne repose plus sur l’exposition à de mauvaises conditions de travail mais sur ses conséquences, la maladie et l’incapacité. Autre novation de taille, plus de système par points ouvrant droit au choix entre un départ anticipé, une formation pour se reconvertir, ou un travail à temps partiel sur la fin de la carrière ; seule la retraite anticipée est maintenue.

Enfin, le candidat Macron l’avait promis pendant la campagne électorale, le C3P changera de nom et deviendra le « compte personnel de prévention ». Pourtant, la dimension d’incitation des entreprises à la prévention a disparu du nouveau dispositif ; quant à la pénibilité, elle n’a disparu que du patronyme, mais reste bien présente pour nombre d’ouvriers, hélas.

Usine à gaz

Pour justifier cette ligne, le chef du gouvernement et sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ont repris à leur compte les critiques du patronat qualifiant le dispositif d’« usine à gaz », pour ces quatre critères….



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