Le bain, le dîner des enfants, c’est pour vous. Votre mec lui n’est toujours pas là

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Il est 18 heures, il vous reste encore un dossier à traiter mais vous devez aller chercher votre enfant sur son lieu de garde. Votre conjoint lui, rentrera à la maison un peu plus tard.

C’est lui qui a emmené le fruit de votre union à la crèche, chez la nounou ou à l’école, ce matin. Le soir, c’est pour vous… Arrivée à votre domicile, vous vous occupez du gamin.

Puis vous attendez. 

Emma, l’auteure de la bande-dessinée devenue virale « Fallait demander », qui mettait (enfin) des mots sur ce qu’était la charge mentale, vient de publier le premier volet de son nouveau projet : « L’attente ».

Au téléphone, l’ingénieure en informatique mère d’un enfant de six ans, nous raconte : 

« L’attente me parait être la clé de voûte de l’histoire, le moment le plus pénible de la journée. Quand on rentre du travail, on se poserait bien, mais une deuxième journée commence. On doit préparer le repas, le bain, mettre les enfants au lit, pendant que le père est toujours au travail. Ces moments pourraient être supers mais ils se transforment en calvaire ».

Certains parents l’appellent « la tranche speed » ou « le gros rush ». C’est un sujet de disputes infini… Parce que cela empêche tant de choses. Les bières avec ses collègues, les pots de départ, les cinés impromptus.

« Quand on a un enfant, la spontanéité de vie disparaît. On se retrouve obligée de planifier des soirées deux semaines à l’avance et de demander au conjoint de garder les enfants », poursuit-elle.

Au bout de la jauge

C’est en s’inspirant de sa propre vie et de celles de ses amies qu’Emma a décidé  d’évoquer ce sujet. Aussi, lorsqu’elle a publié « La charge mentale », plusieurs lecteurs lui font remarquer qu’un élément demeure absent : le temps de travail. Et notamment celui des hommes.

La trentenaire se rend compte d’une chose. Le travail de l’homme est bien plus souvent valorisé que celui de la femme. Et c’est donc la femme qui se retrouve à attendre…

Emma se lance donc sur la question du présentéisme au travail en deux volets. L’un, sous un angle familial. L’autre, sous un angle professionnel.

L’attente est le premier volet.

« Nos horaires de travail sont mal aménagées. Lors de cette attente, on est au bout de notre jauge d’énergie », explique Emma.

Selon elle, l’homme n’est pas forcément responsable. L’attente serait « propre à la culture française du présentéisme ».

Une culture que l’on ne retrouve pas dans toutes les sociétés

« Ce n’est pas inscrit dans nos gènes. Cette attente est une tendance influencée par une société sexiste où on prône la culture du travail. De plus en plus de personnes tentent d’y échapper mais les clichés sont difficiles à briser. »

« Pour moi, il faut arrêter d’admirer les gens qui quittent tard leurs lieux de travail. Et surtout arrêter de culpabiliser ceux qui partent tôt pour s’occuper de leurs enfants. »

Le deuxième volet de la bande-dessinée est prévu au début du mois de septembre. Et si vous êtes concernée par cette attente, ça nous intéresse, envoyez-nous un mail à jlabbepacheco@gmail.com.



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