« La PMA sociale a toujours existé »

0
8


Dans une tribune au « Monde », la sociologue rappelle que les familles issues de don existent depuis un demi-siècle, et qu’il est temps de leur faire une place dans la société.

Le Monde
|
• Mis à jour le

|

Par

Micro-injection par pipette d'un spermatozoïde dans un ovocyte.

TRIBUNE. En se prononçant pour l’ouverture de la PMA aux couples de femmes, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) introduit-il une « rupture symbolique » dans le droit bioéthique français ? Beaucoup parmi les opposants le redoutent, voyant dans cet avis à la fois une rupture avec les fondamentaux de notre droit de l’assistance à la procréation et la boîte de Pandore qui va ouvrir aux quatre vents le fameux « droit à l’enfant ».

Je crois que ces inquiétudes ne sont pas fondées et que, tout au contraire, l’on peut avancer deux arguments forts en faveur de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes : la continuité des pratiques d’une part, et le progrès moral et juridique d’autre part.

La continuité des pratiques, tout d’abord. Contrairement à ce qu’on peut lire ici et là, la PMA n’a jamais été uniquement thérapeutique. Depuis la création des premiers centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) en 1973, coexistent en réalité deux PMA très différentes.

La plus connue est la PMA thérapeutique stricto sensu, dont l’objet est de traiter un couple formé d’un homme et d’une femme souffrant d’une infertilité, afin de lui permettre de procréer. Elle est largement majoritaire en France : 95 % des cas. A côté d’elle, très minoritaire (5 % des naissances) existe depuis plus d’un demi-siècle la PMA avec un tiers donneur – de sperme, d’ovocyte, ou d’embryon. On peut la nommer PMA sociale, car dans ce cas, la médecine ne soigne rien : le mari stérile, par exemple, reste tout aussi stérile. Ce qu’on propose au couple est non un traitement, mais un arrangement social : le recours à un tiers donneur/géniteur.

Un nouveau type de famille

Ce faisant, la médecine a produit grâce à ses techniques une véritable innovation, l’engendrement avec tiers donneur. Cette nouvelle façon de fonder une famille est différente de la procréation, puisque par hypothèse un des parents ne procrée pas l’enfant. Elle est différente…



Source link

Laisser un commentaire