La mannequin noire de la « pub raciste » de Dove était « fière » de l’avoir tournée

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Pour Lola Ogunyemi, rien ne s’est pas passé comme prévu. Cette mannequin d’origine nigériane, née à Londres et élevée à Atlanta, pensait améliorer la représentation des personnes noires à la peau foncée en tournant dans une pub pour Dove.

Suite à une capture d’écran virale, elle est devenue le visage de la victime du racisme publicitaire contemporain.

La jeune femme refuse ce statut dans une tribune qu’elle signe dans le Guardian mardi 10 octobre titrée « Je ne suis pas une victime ». Elle se dit « accablée par la polémique ».

« Si tu cherches « pub raciste » sur Google maintenant, le premier résultat est une photo de moi. (…) Certains ont appelé au boycott de Dove et des amis de partout dans le monde ont pris de mes nouvelles pour savoir si j’allais bien. »

 

La peau foncée

Elle ajoute :

« Si j’avais eu la plus petite indication que j’allais être représentée comme inférieure, ou comme un « avant » d’un avant-après, j’aurais été la première à dire un « non » emphatique. (…) C’est quelque chose qui va à l’encontre de tout ce je défends. »

Mais ce n’est pas comme ça qu’elle l’a vécu :

« J’étais excitée de faire parti d’une pub qui promeut au contraire la force et la beauté de ma couleur de peau. »

En tant que « femme noire à la peau foncée », Lola considère que représenter ses « sœurs de couleur » dans une pub est une avancée.

« J’ai grandi en étant consciente que la société pensait que les personnes à la peau foncée — et particulière les femmes — seraient plus belles si elles étaient plus claires », écrit-elle.

La mannequin critique ces standards de beauté racistes et l’industrie cosmétique qui les promeut en choisissant de caster des personnes blanches ou métisses. 

« Historiquement, et dans beaucoup de pays encore, les mannequins noirs à la peau sombre sont même choisis pour démontrer l’efficacité des produits qui éclaircissent la peau », explique-t-elle.

« Je ne serai pas effacée »

Le tournage a été pour elle une expérience positive. À la sortie du mini-clip sur internet (qui présente trois femmes) puis de la pub complète, où sept visages apparaissent, de couleurs et d’âges différents, elle était surtout « fière » d’être « la première » à apparaître dans la vidéo :

« J’ai adoré (le clip) et tout mon entourage aussi. »

Bref, ce n’est qu’en voyant tourner la capture d’écran qu’elle a compris « comment elle a pu être mal interprétée, considérant le fait que Dove a été critiqué dans le passé pour l’exacte même raison. »

Si elle-même critique Dove pour son manque de discernement en la matière, la jeune femme aurait voulu que la marque, en plus de « s’excuser sans équivoque » comme elle l’a fait, « défende sa vision artistique », « et notamment le fait de m’inclure moi, une femme noire à la peau foncée, comme visage de leur campagne ».

Et de conclure :

« Je ne suis pas juste la victime silencieuse d’une campagne cosmétique qui a fait fausse route. Je suis forte, je suis belle, et je ne serais pas effacée. »



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