Jean-Michel Blanquer, ministre « rétro » ?

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En s’exprimant régulièrement dans les médias, le ministre de l’éducation nationale s’adresse plus aux parents qu’aux enseignants.

Le Monde
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Jean-Michel Blanquer, à l’école Michel-Debré de Saint-Denis de la Réunion, le 18 août.

La rentrée scolaire était-elle menacée par la notion grammaticale de « prédicat » ou par le rythme d’apprentissage des « quatre opérations » ? La question, ironique, fuse dans les cercles d’enseignants. Après avoir joué au chamboule-tout avec les réformes des rythmes scolaires et du collège, sans leur laisser véritablement le temps de la mise en œuvre, Jean-Michel Blanquer croit bon de s’atteler au chantier, au moins aussi sensible, des contenus d’enseignement. Un dossier, là aussi, à peine clos : c’est en septembre 2015 que de nouveaux programmes sont entrés en vigueur en maternelle ; en 2016 à l’école élémentaire et au collège.

Officiellement, il ne s’agit que de les revoir « à la marge », promet le ministre de l’éducation nationale. « Il n’est pas question de modifier la loi et les textes des programmes brusquement, a-t-il expliqué dans L’Express du 13 septembre, mais cela ne veut pas dire que les programmes ne doivent pas évoluer. » Une façon « insécurisante » et « imprécise » d’embrasser le dossier, estiment la plupart des porte-parole du monde enseignant ; de « dire tout et son contraire » en faisant fi, au passage, des attributions du Conseil supérieur des programmes, installé par la gauche, et de son président, le géographe Michel Lussault, bête noire des « antipédagos », que l’on dit sur le départ devant un pareil déni de légitimité.

Pour les enseignants, le message est brouillé : voilà un ministre qui, tout en se défendant des « effets de zigzags », tout en plaidant la « confiance » et la liberté d’initiative, se laisse aller, au fil de ses prises de parole médiatiques, à donner le « la » sur à peu près tous les sujets. « Il se vit en capitaine de vaisseau, qui pense que sa parole injonctive, accompagnée de quelques décrets, arrêtés ou circulaires, peut suffire », s’énervent les syndicats – même ceux qui, il y a quatre mois, ont…



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