Indonésie. Bannissement du parti islamiste Hizb ut-Tahrir



Le gouvernement indonésien vient de bannir la branche nationale du Hizb ut-Tahrir, un mouvement fondé en 1953 en Jordanie, dont l’objectif est la création d’un califat mondial.

L’interdiction du parti fondamentaliste musulman Hizb ut-Tahrir, dont les membres indonésiens seraient selon Koran Tempo un million en mai 2017, était envisagée depuis plusieurs mois et a suscité un fort débat. Après la décision, les réactions sont aujourd’hui mitigées, y compris parmi les défenseurs des droits de l’homme qui s’inquiètent de l’extension possible d’un principe d’interdiction pour des raisons politiques.

Avant de prendre la décision de ce jour, le gouvernement s’est donné le temps d’analyser, d’observer et de recueillir le point de vue de nombreux groupes de la société civile, dont les oulémas.”

C’est par ces mots que le chef d’État indonésien Joko Widodo a annoncé le décret présidentiel du 19 juillet 2017 bannissant le Hizb ut-Tahrir.

Le ministre des Affaires religieuses, Lukman Hakim Saifuddin, a expliqué au quotidien Kompas “qu’une organisation qui appelle à la destruction de la République et du Pancasila [terme désignant les ‘cinq principes’ de la Constitution de 1945 faisant de l’Indonésie un état pluriethnique et plurireligieux] ne peut plus être considérée comme seulement porteuse d’un message religieux. Elle est investie avant tout d’un agenda politique.”

Le vice-président Jusuf Kalla a précisé que ceux qui contestaient cette décision avaient la liberté de porter l’affaire devant les tribunaux. C’est ce que va s’empresser de faire la direction du Hizb ut-Tahrir, qui a toutefois demandé à ses “troupes” de rester calmes.

Ce décret peut tuer la démocratie

Kompas se fait l’écho de plusieurs organisations indonésiennes des droits de l’homme, telles que Imparsial, qui craignent que ce décret présidentiel soit appliqué à l’avenir par un régime autoritaire pour faire pression sur ses opposants politiques et tuer la démocratie. La coordinatrice de la Commission pour les personnes disparues et les victimes de violences, Yati Andriyani, rappelle que si des mouvements de la société civile critiquent ce décret, cela ne signifie pas qu’ils soutiennent les groupes intolérants et anti-Pancasila :

Actuellement, il y a certes une tendance à la politique identitaire et à l’intolérance. Mais si l’on n’est pas vigilant, ce décret présidentiel peut être utilisé de manière abusive.”

Déjà, la semaine dernière, le gouvernement a fait bloquer l’accès à onze noms de domaines de la messagerie Telegram, affirmant que des milliers de groupes extrémistes et terroristes l’utilisaient pour propager leur idéologie. “Sur Telegram, ces groupes peuvent accueillir jusqu’à 10 000 personnes et y répandre leurs vues. C’est ainsi qu’est apparu le phénomène du ‘loup solitaire’ et de l’autoradicalisation sur les médias en ligne”, avait alors expliqué à Koran Tempo le chef de la police indonésienne, Tito Karnavian.



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