Grèce. Le retour sur les marchés suscite un enthousiasme mesuré

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Après sept ans d’absence, la Grèce a fait son retour sur les marchés financiers mardi 25 juillet, en empruntant 3 milliards d’euros. Mais cela ne rassure pas pour autant la presse grecque.

C’est avec un “optimisme modéré” que Ta Nea accueille le retour de la Grèce sur les marchés financiers, opéré mardi 25 juillet avec l’émission d’obligations à cinq ans pour 3 milliards d’euros.

Depuis 2010, la Grèce ne se finance plus sur les marchés, mais avait tenté un retour – avorté – en 2014. La tentative “était alors un ‘crime’, c’est aujourd’hui une ‘réussite’”, ironise le quotidien athénien, qui rappelle les critiques alors émises par Alexis Tsipras lorsqu’il représentait la principale opposition au Premier ministre de l’époque, Antónis Samarás.

Le journal de centre droit se plaît à rappeler que le leader de Syriza déclarait “on se tire une balle dans le pied”, alors que les conditions d’emprunt ne paraissent pas plus avantageuses aujourd’hui.

Même son de cloche pour To Vima, qui estime qu’il reste “encore de nombreuses étapes” avant un retour à la normale. “Si le gouvernement se réjouit aujourd’hui, tout le monde se souvient néanmoins des absurdités de sa politique”, tacle le journal libéral. Dans une violente charge à l’encontre du Premier ministre, le journal en ligne s’insurge contre l’application de “nouveaux programmes d’austérité et des charges dramatiques imposées aux entreprises et aux citoyens pour comprendre combien il était utile d’emprunter de l’argent sur ces satanés marchés financiers”. Et d’enfoncer le clou :

Il a fallu trois ans pour que Tsipras et ses cadres apprennent, à nos dépens, l’art de gouverner et puissent remprunter de l’argent. Dans des conditions très éloignées de celles qui prédominent en réalité sur les marchés internationaux.”

Efemerida Ton Syntakton se veut plus conciliant, relayant l’optimisme du gouvernement. “La sortie sur les marchés, selon le Premier ministre, confirme la voie positive dans laquelle se trouve l’économie grecque, laquelle se dirige solidement vers une sortie définitive de la crise et des mémorandums”, s’enthousiasme le quotidien, proche de la formation politique au pouvoir.

Une satisfaction douchée par les communistes de Rizospastis, qui balaient “la propagande gouvernementale” et dénoncent “la liquidation des droits des travailleurs”. “Quelles que soient les success-stories racontées, si une chose se confirme, […] c’est que la ‘sortie’ n’existe pas pour le peuple.”

Alexandros Kottis



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