Fabienne Kabou, de l’effroi au diagnostic

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La cour d’assises d’appel du Nord a condamné à quinze ans de réclusion cette mère qui avait abandonné sa fille de quinze mois sur une plage de Berck, fin 2013.

Croquis d’audience représentant Fabienne Kabou lors de son premier procès devant la Cour d’assises de Saint-Omer, le 20 juin 2016.

Fabienne Kabou est entrée en Médée et ressortie en malade de la cour d’assises du Nord, à Douai, qui jugeait en appel cette mère accusée d’avoir assassiné sa fille Adélaïde, âgée de quinze mois, en la laissant se noyer sur une plage de Berck-sur-Mer, un soir de novembre 2013. Comme en première instance, la cour et les jurés du Nord ont estimé que l’accusée souffrait d’une altération du discernement au moment des faits et lui ont accordé le bénéfice des circonstances atténuantes prévues par le code pénal. Mais ils ont fait une autre appréciation de la peine, en réduisant de cinq ans celle prononcée par la cour d’assises du Pas-de-Calais en juin 2016.

La Fabienne Kabou jugée à Saint-Omer faisait peur. Par les mots choisis, soignés, avec lesquels cette mère étudiante en philosophie avait raconté ce jour de novembre 2013 où, après avoir consulté les horaires des marées, elle avait quitté l’atelier de son compagnon, dans la banlieue parisienne, en emmenant leur fille Adélaïde dans une poussette, était montée dans un train gare du Nord, puis dans un bus jusqu’à Berck, avait marché et joué avec l’enfant sur la plage, trouvé un hôtel, pris une longue douche avant de ressortir, avait donné le sein à sa fille en lui demandant pardon, avant de l’abandonner sur le sable, rejoint ensuite seule sa chambre d’hôtel pour y passer la nuit et était rentrée le lendemain matin chez elle, sans rien manifester de particulier.

Par le contraste entre la fascination qu’exerçait la femme belle, à l’intelligence supérieure et la personnalité cassante, véhémente, qui s’était révélée à l’audience et dont on découvrait que la biographie n’était qu’une succession d’affabulations.

Face aux explications qu’elle donnait – elle se disait victime de sorcellerie – deux thèses s’étaient affrontées. Fabienne Kabou était-elle, comme le soutenait l’accusation, une menteuse doublée d’une manipulatrice ayant froidement prémédité le meurtre d’une enfant qu’elle n’avait jamais déclaré…



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