États-Unis. Trump dit finalement “oui” à la protection des Dreamers

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Après des messages contradictoires, le président a confirmé l’accord trouvé avec les démocrates pour protéger légalement les immigrés arrivés aux États-Unis quand ils étaient mineurs.

Sur le sort des Dreamers, Trump souffle le chaud et le froid. Jeudi 14 septembre, dans une première fournée de tweets matinaux, alors que des rumeurs circulaient sur un accord trouvé avec les leaders démocrates pour protéger ces immigrés arrivés au États-Unis quand ils étaient enfants, Trump avait écrit “no deal”.

Cependant, plus tard dans la journée, dans une interview depuis la Floride où il s’était rendu dans les zones touchées par l’ouragan Irma, Trump a déclaré : “On cherche une solution pour que les gens puissent rester”, ajoutant : “Tout le monde est sur la même longueur d’onde”.

En échange d’une protection légale des Dreamers (menacés par la fin du programme Daca, mis en place par Barack Obama), le président a obtenu des démocrates un renforcement de la sécurité de la frontière mexicaine. Mais il a renoncé à inclure dans le deal son projet de mur entre le Mexique et les États-Unis, repoussé à une date ultérieure.

Cette volte-face et cet accord avec les démocrates ont engendré confusion et colère, notamment chez certains de ses électeurs. D’après le Washington Post :

L’accord trouvé par Trump cette semaine avec les responsables démocrates sur une approche plus modérée de la législation sur l’immigration a engendré des accusations amères de trahison chez certains de ses plus ardents soutiens à droite – et a poussé nombre d’entre eux à remettre en question leur fidélité au vu de l’incertitude sur les intentions du président.”

“Don Amnesty” : c’est le surnom donné à Trump par Breitbart News, le site d’extrême droite dirigé par Stephen Banon, l’ancien conseiller stratégique de Donald Trump, en réaction à cet accord. Breitbart rapporte que des supporters du président brûlent les fameuses casquettes qui portent son slogan de campagne : “Make America Great Again”. Un autre article du site présente les réactions de 9 personnes ayant perdu des proches tués par des immigrés sans-papiers à l’annonce de cet accord sur la protection des Dreamers.

Pas sûr toutefois que ce sentiment soit partagé par la base électorale du président. Comme le note le Washington Post, la cause des Dreamers est populaire y compris à droite. D’après une étude d’opinion réalisée à chaque élection présidentielle, l’American National Election Study (ANES), 68 % des électeurs de Trump en 2016 jugeaient que les immigrés clandestins arrivés enfants devraient être autorisés à rester dans le pays, s’ils y ont passé dix ans et sont diplômés du secondaire.

Pour le site The Atlantic, en modérant son discours sur l’immigration, Trump s’inscrit dans une tradition de présidents républicains qui une fois élus, tempèrent leur position sur le sujet.

Trump, le candidat à la présidence le plus ouvertement anti-immigrés depuis des générations, a finalement exactement les mêmes hésitations sur la déportation de jeunes et brillants Américains en herbe que les autres responsables politiques de l’élite.”

Contrepartie

Après leur réunion avec Trump mercredi 13 septembre, les chefs de file démocrates au Congrès, Nancy Pelosi et Charles Schumer, se sont félicités de leurs négociations. Mais d’après le New York Times, les artisans de l’accord “font face à des critiques venant de la gauche et des Hispaniques, qui s’inquiètent que le sort des jeunes immigrés soit maintenant associé à un renforcement de la sécurité de la frontière.”

Cité par le quotidien new-yorkais, Luis Gutiérrez, membre démocrate de la Chambre des représentants, déclare : “J’espère que Pelosi et Schumer sont plus avisés et malins que tous les autres qui se sont fait rouler par Donald Trump”.

Julien Ribrault



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