États-Unis. Le sort d’O. J. Simpson captive de nouveau l’Amérique



L’ancienne star du foot américain a été mise en liberté conditionnelle le 20 juillet dans une affaire de vol à main armée. Le temps d’une audience, les États-Unis ont replongé dans un procès qui a tenu en haleine et divisé le pays pendant des mois.

“O. J. Simpson de retour dans nos vies, une fois de plus”, constate un chroniqueur du Chicago Tribune. Un titre qui résume l’atmosphère outre-Atlantique après l’audience du jeudi 20 juillet, où l’ex-sportif et acteur africain-américain s’est vu accorder une libération anticipée dans une affaire de vol à main armée. Retransmis en direct à la télévision, l’événement a fait replonger le pays dans une affaire qui a changé l’Amérique, souligne The New York Times : le meurtre par Orenthal James Simpson de son ex-femme et de son ami, en 1994.

Personne d’aussi célèbre n’avait été jugé pour un crime aussi grave et, une génération après, il reste comme un homme qui a involontairement contribué à façonner les médias d’aujourd’hui ainsi que des idées courantes sur la loi, la police, les relations raciales et Los Angeles, la ville où il a habité.”

Le procès télévisé d’O. J. Simpson avait duré neuf mois et l’ancien footballeur avait été déclaré “non coupable” au pénal en octobre 1995. Un verdict très controversé – et contredit par une condamnation au civil deux ans plus tard – dans un pays polarisé entre une communauté noire globalement favorable à cet acquittement et une communauté blanche choquée.

L’Amérique “obsédée”

“Le meurtre a eu lieu il y a des décennies, mais le pays est toujours divisé racialement et obsédé par l’affaire”, écrit une commentatrice du New York Daily News, évoquant elle aussi cette impression omniprésente de “déjà-vu”.

Nous avons revécu [durant l’audience] le procès du meurtre, espérant ou non une issue différente, nous sentant comme la première fois quand nous étions scotchés à la télévision à regarder ce cirque […].”

La “frénésie” O. J. Simpson avait déjà fait un retour l’an dernier, rappelle la commentatrice, avec la diffusion de la série American Crime Story – dont la première saison porte sur le procès d’O. J. Simpson – et du documentaire en cinq parties O. J. : Made in America.

L’audience du 20 juillet devant la commission des libérations conditionnelles de Carson City, dans le Nevada, portait sur une autre affaire : un vol à main armée commis à Las Vegas en 2007, où Simpson s’était rendu avec des complices dans un hôtel-casino pour voler des souvenirs de sa carrière de joueur. Un méfait qui lui avait valu une condamnation à trente-trois ans de prison en 2008.

Des réactions diverses parmi les Noirs

La communauté africaine-américaine a particulièrement réagi à la libération anticipée accordée jeudi à l’ancien sportif. “Dans un quartier à majorité noire du sud de Los Angeles, des gens continuaient à soutenir M. Simpson”, écrit The New York Times, donnant l’exemple d’une femme de 56 ans qui “sautait de joie” à l’annonce de la décision.

Mais sur le site de la communauté noire The Root, un journaliste bat en brèche cette idée. “Laissez-moi confier un petit secret aux Blancs : les Noirs se foutent d’O. J. […] Nous ne roulons plus pour O. J.” D’après lui, “ce qui a séduit l’Amérique noire, c’était une opportunité de défier un système judiciaire raciste et oppressif, qui se nourrit continuellement de corps noirs et bruns [brown]. O. J. était juste au bon endroit, au bon moment”.

Gabriel Hassan



Source link

Catégorie

Laisser un commentaire

355be882bdfd8149e30cb27b1847e809nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn