États-Unis. Le décret anti-immigration de Trump repêché par la Cour suprême

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Le très controversé décret du président Donald Trump interdisant l’entrée du territoire américain aux ressortissants de six pays à majorité musulmane a été partiellement remis en vigueur par la Cour suprême en attendant que le dossier soit examiné en audience en octobre prochain.

“Le président Trump se préoccupe beaucoup de gagner, ou du moins de donner l’impression de gagner”, souligne The New York Times dans son éditorial. Il a donc été particuièrement prompt à “crier victoire après que la Cour suprême a annoncé qu’elle acceptait de se saisir du cas en octobre prochain et que, d’ici là, elle allait réinstaurer partiellement le décret migratoire”, interdisant l’entrée sur le territoire américain pendant 90 jours aux ressortissants de six pays à majorité musulmane (la Syrie, la Libye, l’Iran, le Soudan, la Somalie et le Yémen) et pendant 120 jours aux réfugiés du reste du monde. 

Donald Trump s’est en effet empressé de déclarer que la décision des juges de la Cour suprême consituait “une nette victoire pour notre sécurité nationale”. Mais, pour The New York Times, le fait qu’il s’agisse d’une victoire pour quiconque “est loin d’être certain”

Séparation des pouvoirs

Le quotidien de la Grosse Pomme rappelle que, si les juges de la Cour suprême ont certes “accepté de se saisir de la question”, ils ne se sont pas, pour l’instant, “prononcés sur le fond”.

Qui plus est, ils n’ont fait que réinstaurer partiellement le décret en stipulant que “l’interdiction” d’entrée sur le territoire “ne s’appliquerait qu’aux étrangers n’ayant aucuns liens avec les États-Unis et non pas à ceux ayant établi une relation de bonne foi avec une personne ou une entité aux États-Unis”. De quoi garantir quantité de nouveaux litiges devant les tribunaux, note le journal.

Pour The Wall Street Journal, en revanche, le fait que la totalité des juges de la Cour suprême, “y compris les quatre juges les plus progressistes”, ont accepté de se saisir de la question est “une victoire pour la Maison-Blanche”. Mais c’est surtout “une victoire pour la séparation des pouvoirs”, souligne le quotidien

Selon The Wall Street Journal, en effet, le fait que des juges fédéraux ont décidé de bloquer ces décrets constituait une “usurpation du pouvoir de l’exécutif en matière de sécurité nationale”. Pour autant, le quotidien conservateur souligne que les décrets anti-immigration de Trump ne sont “ni nécessaires ni avisés”.

Confusion

Pour le quotidien USA Today, enfin, la Cour suprême ne fait que “rajouter de la confusion à la décision entêtée et jusqu’ici ineffective de Donald Trump d’interdire l’entrée du territoire des États-Unis aux ressortissants de certains pays musulmans”.

Les juges n’ont fait que “partiellement ressuciter l’interdiction portant sur les visiteurs en provenance de Syrie, d’Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan et du Yémen pour une durée de 90 jours, donnant aux deux camps (les opposants et les défenseurs du décret) l’occasion de bomber le torse”

Les Américains, qui attendaient que la plus haute Cour de justice du pays les éclaire sur la question de savoir si le premier, puis le second décret de Trump, constituait une interdiction visant tous les musulmans et violait par là même le premier amendement de la Constitution, qui interdit toute discrimination sur la base de la religion, “n’ont plus qu’à continuer à se gratter la tête jusqu’à l’automne”, conlut le journal.



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