États-Unis. John McCain, une épine dans le pied de Trump



Diagnostiqué d’une tumeur au cerveau, le sénateur républicain de l’Arizona va devoir s’absenter du Congrès de Washington. Son côté franc-tireur et ses critiques à l’encontre de Donald Trump vont manquer au camp républicain.

“Agé de 80 ans, John McCain siège au Sénat américain depuis 30 ans”, souligne le site Quartz et au fil de sa carrière “il a su se bâtir une réputation qui va bien au delà des couloirs du Capitole” [où siège le Congrès].

Considéré avant tout comme un franc-tireur de la politique, John McCain a aussi été vu, ces dernières années, “comme une figure politique clivante. En particulier depuis sa candidature à la Maison-Blanche de 2008, durant laquelle il s’était choisi comme colistière la gouverneure de l’Alaska Sarah Palin”, alors égérie du mouvement ultraconservateur Tea Party.

Héros de guerre

Mais avant de faire carrière en politique, John McCain a été pilote de la marine pendant 22 ans, rappelle Quartz. Et “son passé de héros de guerre forme un contraste saisissant avec la passé du Président Trump”.

Prisonnier de guerre au Vietnam pendant cinq ans, “John McCain a écrit sur les tortures qu’il a subies dans les geôles vietnamiennes, ainsi que sur l’isolement et la dépression qu’il a vécus”.

Pour autant, relève le site, “il avait refusé de bénéficier de l’appui de son père, militaire de carrière, pour être libéré plus tôt que ses camarades”.

Siégeant à la commission des forces armées du Sénat et aguerri sur les questions de défense et de politique étrangère, John McCain joue un peu le rôle de “secrétaire d’Etat de l’ombre depuis l’élection de Donald Trump”, poursuit Quartz

Rassurer les alliés

Les relations entre les États-Unis et leurs principaux alliés ayant, pour le moins, “été peu orthodoxes depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche”, McCain a joué les pompiers sur la scène internationale “menant des délégations du Congrès de par le monde pour éponger les impairs du président américain et de son secrétaire d’État, Rex Tillerson”

En février, par exemple, “McCain a rassuré le Premier ministre australien”, malmené par Donald Trump lors d’un entretien téléphonique officiel, l’assurant de la solidité de l’alliance entre les États-Unis et l’Australie. 

Et alors que Trump remettait en question l’OTAN, il avait “rassuré les partenaires européens sur les ‘valeurs universelles’ de l’alliance Atlantique”.

Critiquer Trump

John McCain s’est aussi distingué pour ses critiques contre Donald Trump et ce dès la campagne électorale de 2016.

Ces derniers temps, il est de plus en plus “comme une épine dans le pied du locataire de la Maison-Blanche” pointe le blog FiveThirtyEight hébergé par le New York Times. 

McCain ne se contente pas de diverger avec Trump sur les questions de politiques étrangères, il a aussi appelé à la création d’une commission spéciale du Congrès pour enquêter sur les liens entre Trump et la Russie et a exhorté les journalistes à poursuivre leurs investigations sur le sujet.

Handicap

Comme le résume Quartz, les républicains comptent 52 sièges au Sénat, soit une faible majorité et en l’absence de John McCain ils auront bien du mal “à faire passer tout projet de loi visant à abroger et remplacer l’Obamacare” [la réforme de la santé d’Obama].

Qui plus est, l’aministration Trump pourrait avoir “plus de difficulté à faire confirmer, par le Sénat, ses candidats les plus conservateurs nommés à des postes officiels”.

Enfin, il y a peu de doute qu’une fois soigné John McCain revienne siéger au Congrès, conclut Quartz. Car “comme l’a déclaré récemment l’ancien député républicain John Dingell ‘John McCain est plus coriace qu’un steack à deux dollars’.”



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