États-Unis. Interview : Trump règle ses comptes et encense Macron

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Dans un grand entretien accordé au New York Times six mois après son investiture, le président américain se montre très offensif sur les soupçons de collusion de son entourage avec Moscou. Il évoque en revanche avec grand enthousiasme son passage en France et le défilé du 14 juillet à Paris.

C’est l’un des soutiens les plus anciens et les plus fermes de Donald Trump qui a été directement tancé par le président le 19 juillet, dans une interview au New York Times, à l’occasion des six premiers mois de son mandat. Jeff Sessions, l’ultra-conservateur ministre de la Justice, “n’aurait jamais dû se retirer [de l’enquête sur l’ingérence présumée de la Russie dans la présidentielle de 2016], et s’il comptait s’en retirer, il aurait dû me le dire avant de prendre le poste et j’aurais choisi quelqu’un d’autre”, déplore le locataire de la Maison-Blanche dans cet entretien accordé au grand quotidien dans le Bureau ovale.

Mis en cause pour ses contacts en 2016 avec l’ambassadeur russe à Washington, Jeff Sessions avait annoncé en mars dernier qu’il n’interviendrait plus dans les investigations sur le rôle de Moscou dans l’élection américaine.

L’ancien sénateur de l’Alabama, soutien de la première heure du milliardaire, n’est pas le seul à en prendre pour son grade. Le président s’est également attaqué à l’ancien directeur du FBI James Comey, qu’il a limogé en mai. Trump l’accusait d’avoir tenté d’utiliser un dossier rassemblant des informations compromettantes à son sujet afin de garder le poste.

Mise en garde

Le président met aussi en cause le procureur spécial Robert Mueller, également ex-patron du FBI, pour de supposés conflits d’intérêts. Il lui reproche notamment d’avoir été candidat au poste de directeur du FBI après l’éviction de M. Comey, juste avant sa nomination comme procureur spécial chargé d’enquêter sur les interférences russes. Et il met en garde : si Robert Mueller devait étendre ses investigations aux finances de la famille Trump, il franchirait une ligne rouge.

Bref, le président tire à boulets rouges sur à peu près tous les principaux responsables de l’enquête sur la Russie au ministère de la Justice, critiquant jusqu’à l’actuel directeur du FBI, qu’il a lui-même nommé. En ce qui le concerne, il nie faire l’objet d’investigations, alors que les médias ont rapporté que le procureur spécial Mueller cherchait à déterminer si Trump s’était rendu coupable d’obstruction à la justice.

Quant à sa conversation informelle avec Vladimir Poutine lors du G20 de Hambourg, révélée mardi, Trump assure qu’elle n’a duré que quinze minutes (contre une heure selon les médias) et a consisté principalement en “civilités”. D’après lui, les deux chefs d’État auraient aussi évoqué la question de “l’adoption”, Poutine ayant interdit l’adoption d’enfants russes par des Américains en 2012.

Trump souligne que ce sujet était aussi, d’après son fils Donald Trump Jr., au centre de la rencontre entre plusieurs membres clés de l’équipe Trump et une avocate russe en juin 2016. La presse a révélé que Trump Jr. avait accepté cette rencontre après s’être vu promettre des informations sur la candidate démocrate Hillary Clinton.

Macron “adore tenir ma main”

Très offensif sur “l’affaire russe”, Trump se montre beaucoup plus affable au sujet du président français Emmanuel Macron, ne tarissant pas d’éloges :

C’est un gars super – intelligent, fort, il adore me tenir la main.”

Une référence à la poignée de main virile largement commentée entre les deux hommes lors du sommet de l’Otan le 25 mai. “Les gens ne se rendent pas compte, il adore tenir ma main – c’est bien !”, plaisante le président, invité par son homologue à assister avec lui au défilé du 14 juillet à Paris.

Une tradition qui semble avoir beaucoup impressionné Donald Trump. “C’était un des plus beaux défilés que j’aie jamais vus, et à vrai dire on devrait en faire un ici sur la Pennsylvania Avenue” à Washington, s’emballe Trump, dont The New York Times précise qu’il est “un fan de l’armée qui avait espéré inclure une démonstration des forces militaires dans sa cérémonie d’investiture”.

Le président déclare au journal qu’il a beaucoup apprécié ses voyages à l’étranger comme chef d’État. “J’ai eu les meilleurs commentaires dans les pays étrangers”, note Trump, cible de fréquentes critiques dans la presse américaine.

Source

Avec 1 000 journalistes, 27 bureaux à l’étranger et 122 prix Pulitzer, The New York Times est de loin le premier quotidien du pays, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print” (“toute l’information digne d’être

[…]

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