En Ecosse, les conservateurs espèrent un retour en grâce

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En Ecosse, on aime plaisanter sur le fait qu’il y a plus de pandas au zoo d’Edimbourg (2) que de députés conservateurs au parlement britannique (1). Mais cela pourrait bien changer lors des législatives du 8 juin où les Tories espèrent une percée.

Depuis vingt ans, le parti de droite est une espèce menacée de disparition dans la région septentrionale du Royaume-Uni où le Labour a longtemps fait la loi avant d’être détrôné par le Parti nationaliste écossais SNP.

Piloté par la Première ministre de l’Ecosse, Nicola Sturgeon, le SNP, qui milite pour l’indépendance, est même devenu tout puissant ces dernières années au point de rafler 56 des 59 circonscriptions en jeu dans la région lors des dernières législatives en 2015.

Une autre femme compte bien briser cette domination dans quelques jours: Ruth Davidson, une ancienne journaliste de 38 ans qui dirige le parti conservateur écossais depuis 2011.

« Le SNP n’arrête pas de prétendre qu’il représente le pays dans sa totalité alors que ce n’est pas du tout le cas. La majorité des Ecossais ne sont pas nationalistes », affirme-t-elle dans une interview à l’AFP.

En 2014, 55% des Ecossais avaient rejeté l’indépendance lors d’un référendum menaçant de faire éclater le Royaume-Uni. Avec le Brexit, le SNP compte organiser une deuxième consultation dans les années à venir, même si le gouvernement britannique, qui doit l’autoriser, s’y refuse pour l’instant.

Les conservateurs écossais, tout comme les travaillistes, sont farouchement opposés à l’indépendance et Ruth Davidson est devenue l’avocate la plus fervente et la plus écoutée en faveur d’un maintien dans le Royaume-Uni.

Sa forte personnalité, son homosexualité assumée et son verbe percutant l’ont rapidement hissée au centre de l’échiquier politique écossais où les trois principaux partis sont présidés par des femmes.

-La reine et Thatcher-

« Lorsque j’étais petite, les deux personnes les plus importantes du pays étaient la reine et (l’ancienne Premier ministre) Margaret Thatcher. J’ai grandi dans l’idée que tout était possible pour une femme », raconte cette brune aux cheveux courts qui a prévu d’épouser prochainement sa compagne irlandaise.

« La démission de Margaret Thatcher (en 1990) reste mon premier souvenir politique. Lorsque la mère de ma meilleure amie est venue nous expliquer qu’elle avait été remplacée par John Major, je lui ait demandé s’il était possible pour un homme de devenir Premier ministre », ajoute-t-elle en descendant du 4×4 qu’elle conduisait lors d’un rendez-vous avec les militants dans les environs de Perth, au nord d’Edimbourg.

Mais être un activiste conservateur en Ecosse n’a pas toujours été rose. « J’ai vu les Tories perdre siège après siège en Ecosse. Ca fait très longtemps que j’attends un come-back », dit-elle.

Ruth Davidson a voté pour la première fois en 1997 lorsqu’elle a assisté, impuissante, à l’arrivée au pouvoir à Londres du travailliste Tony Blair, réélu à deux reprises ensuite.

L’heure est peut-être venue. Si le SNP demeure la force dominante en Ecosse, les conservateurs peuvent espérer une percée significative dans dix jours, profitant notamment de la circonspection locale à l’égard de Jeremy Corbyn, le leader travailliste.

Plusieurs sondages indiquent que les Tories pourraient multiplier par douze leur nombre de députés au parlement national de Westminster où siège pour l’instant le seul David Mundell.

Les prémices d’un retour en grâce se sont déjà fait sentir l’année dernière aux élections régionales où les Tories ont fini en deuxième position derrière le SNP, remportant un quart des 129 sièges en jeu.

« J’ai toujours dit qu’il était possible pour les conservateurs de gagner à nouveau en Ecosse », rappelle Ruth Davidson, concédant toutefois que « la voie du retour, si elle se concrétise, aura été particulièrement difficile ».



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