Donald Trump a (encore) dit à une journaliste qu’elle était « belle »

0
13



Caitriona Perry, correspondante à Washington pour le média irlandais RTE, s’est étonnée de son échange sexiste avec le président.

Donald Trump, multirécidiviste en matière de commentaires sexistes. Mardi, alors qu’il passe un coup de fil à Leo Varadkar, nouveau premier ministre de la République d’Irlande, le président américain s’interrompt et fait venir près de lui une journaliste. Il s’agit de Caitriona Perry, correspondante à Washington. 

« Elle a un beau sourire »

« Eh bien, nous avons beaucoup de presse irlandaise qui nous regarde, explique Donald Trump. Et vous venez d’où?, demande-t-il à Perry, qui travaille pour le journal irlandais RTE. Venez. Venez là. Vous venez d’où? Elle a un beau sourire sur le visage alors je suis sûr qu’elle vous traite bien. » 

La journaliste a posté la vidéo sur Twitter, qualifiant ce moment de « bizarre ». Certains de ses abonnés ont immédiatement jugé la séquence dérangeante et sexiste. « Il vous a appelée pour mieux vous reluquer, a écrit l’un d’entre eux. Dégoûtant. Je suis gêné pour mon pays. » 

« C’était tout à fait inapproprié sur un lieu de travail. Ils n’étaient pas en plein rendez-vous galant! On peut voir qu’elle est mal à l’aise, il se repaît de son pouvoir », s’est insurgée une autre internaute. 

Caitriona Perry est, selon le site de RTE, bien autre chose qu’un physique: correspondante depuis 2000, elle a parcouru les Etats-Unis, le Canada, l’Amérique du Sud, l’Europe et l’Australie. La journaliste de 37 ans n’est d’ailleurs pas vraiment nouvelle à la Maison Blanche, qu’elle fréquente depuis 2013. « C’est un métier de rêve, confiait-elle à L’Irish Examiner. Professionnellement, c’est génial, un véritable privilège. » 

Un lourd passif avec les femmes journalistes

Donald Trump, lui, n’est pas non plus novice quand il s’agit de remarques déplacées adressées à une journaliste. Interrogé par une chroniqueuse du site Vegasnet en 2014, il avait affirmé, le plus naturellement du monde: « Je pense que vous n’auriez pas eu votre travail si vous n’étiez pas belle, c’est vraiment triste, n’est-ce pas? » 

À propos de la présentatrice Megyn Kelly, journaliste de Fox News (depuis passée chez MSNBC), Donald Trump avait expliqué qu’il ne l’appréciait pas vraiment, parce que du « sang coulait d’elle partout ». « Elle me posait des questions ridicules. On pouvait voir du sang sortir de ces yeux, de partout. » 

La journaliste Karen Attiah, du Washington Post, en a même fait un article intitulé: « J’ai posé une question à Donald Trump, il m’a dit que j’étais belle ». 

« J’étais sous le choc. Je n’ai pas dit merci, et je ne crois pas avoir souri, a-t-elle écrit en mai 2016. Il est parti avec mes collègues du Post juste avant de prendre l’ascenseur. Je suis restée dans la salle un moment: il était évident que le candidat à la présidentielle pensait qu’il était normal de commenter mon apparence physique. Venait-il vraiment de me dire ça? » 

Laisser un commentaire