Discrimination: la SNCF condamnée à verser plus de 40.000 euros à un salarié

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Le conseil de prud’hommes de Bobigny a condamné la SNCF à verser plus de 40.000 euros à un salarié « victime de faits de discrimination en raison de son origine » au technicentre Paris Saint-Lazare.

Dans sa décision du 23 mai et dont l’AFP a eu connaissance mardi, le conseil relève que ce salarié embauché en 2002 n’a pas eu l’avancement qu’il pouvait escompter, a « fait l’objet d’une agression de la part de deux collègues » et « subi sur une longue période des propos blessants et dégradants ».

« Les mesures prises par l’employeur sont insuffisantes pour atténuer un climat propice à des propos offensants », estiment les prud’hommes.

La SNCF a été condamnée à verser des dommages et intérêts « au titre du préjudice moral qu’il a subi et du fait de la discrimination dont il a été victime », des dommages et intérêts « en réparation des préjudices moral et physique subis en raison de l’agression dont il a été victime », ainsi que des rappels de salaire.

En novembre 2015, le défenseur des droits Jacques Toubon avait conclu que cet agent avait été « victime d’agissements pouvant revêtir la qualification de harcèlement discriminatoire en raison de son origine » et « subi une discrimination en matière d’évolution professionnelle ».

« Cet environnement de travail dans lequel certains agents SNCF se croient autorisés à proférer des propos racistes – injures ou +plaisanteries+ – envers divers groupes de personnes, à afficher ouvertement des idées xénophobes, à apposer des inscriptions fascistes sur des supports de l’entreprise (…) génère un climat particulièrement offensant et humiliant », affirmait alors le défenseur des droits.

« On peut légitimement s’interroger sur la gestion des ressources humaines au sein de la SNCF », a déclaré à l’AFP l’avocat du salarié, Avi Bitton, se disant « régulièrement contacté par des agents de la SNCF d’origine maghrébine qui se plaignent de discrimination dans leur évolution de carrière ».

En septembre 2015, la SNCF avait été condamnée à plus de 170 millions d’euros de dommages et intérêts pour discrimination dans la carrière et la retraite de plus de 800 salariés de nationalité ou origine marocaine (la moitié ont été naturalisés), pour la plupart à la retraite aujourd’hui et pour cette raison surnommés « Chibanis » (« cheveux blancs » en arabe).

Le procès en appel s’est tenu mi-mai et la cour rendra ses 848 jugements le 31 janvier 2018.



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