Canada. Céline Dion, nouvelle reine du cool ?

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En seulement quelques années, la chanteuse québécoise est passée de star de variété un peu kitsch à véritable icône de la pop culture. Une transformation révélatrice d’une époque en mal de nostalgie.

“Aujourd’hui, en 2017, il semble impossible que quiconque ait pu un jour la détester.” C’est ce qu’avance dans le magazine Maclean’s l’auteur canadien Carl Wilson à propos de Céline Dion. Dans un essai publié en 2014, Let’s Talk About Love (traduit en français aux éditions Le Mot et le Reste), il s’interrogeait déjà sur le statut de la chanteuse québécoise et sur les fondements du jugement esthétique. Comment décide-t-on de ce qui relève du “bon” et du “mauvais” goût, se demandait-il.

Trente-six ans après la sortie de son premier album au Québec, alors qu’elle n’avait que 13 ans, et vingt ans après la sortie de son tube planétaire My Heart Will Go On (la chanson du film Titanic), “Dion reste la chanteuse canadienne préférée de la nation”, insiste le critique canadien. Y compris des moins de 25 ans. Carl Wilson cite pour preuve les résultats du sondage The Canada Project, mené pour les 150 ans du Canada : Maclean’s a demandé à 1 500 Canadiens ce qu’ils préféraient de leur pays.

Libérée, délivrée

“Cet amour pour Céline n’est pas juste un phénomène canadien”, ajoute Wilson, qui rappelle que de nombreux journaux américains hype l’adulent – depuis peu. Si le changement s’est opéré progressivement au cours de ces dix dernières années, le moment décisif reste la mort de son manager et mari de longue date, René Angelil :

Maintenant qu’elle est sur le point d’avoir 50 ans, pour la première fois, plus personne n’est le boss de Céline.

Qu’elle porte un sweat-shirt oversize à l’effigie du film Titanic dans la rue ou une robe en cuir Versace à la célèbre soirée caritative du Met Gala, les moindres faits et gestes de Céline Dion sont considérés comme audacieux, voire prescripteurs de cool. Aux antipodes de temps pas très anciens, où ses choix vestimentaires étaient plutôt jugés douteux par la presse people internationale.

Alors qu’elle s’était toujours faite discrète sur ses opinions politiques, Dion n’a pas caché dernièrement ses orientations libérales en refusant d’abord de chanter à l’inauguration de Trump, puis en écrivant une lettre de soutien sans équivoque à la communauté LGBT, à laquelle nombre de ses fans les plus loyaux appartiennent. Une nouvelle attitude qui agit comme un bouclier contre la violence ambiante actuelle. Comme le note Wilson dans l’hebdomadaire canadien :

En tant que star des années 1990, Dion représente une période d’innocence, ce qu’il y avait avant la guerre contre le terrorisme et le trumpisme.”

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Fondé en 1905, cet hebdomadaire conservateur couvre l’ensemble du Canada anglophone et n’a pas de concurrent dans le pays.
Politique, société, culture… tous les sujets sont traités dans ce magazine généraliste qui appartient depuis 1994 au groupe

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