Brexit: 59% des Européens installés à Londres songent à partir

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Le Brexit a plombé l’attractivé du Royaume-Uni auprès des travailleurs non-Britanniques, selon une étude du cabinet d’audit Deloitte parue ce mardi.

Les tentatives de Theresa May pour rassurer les citoyens européens du Royaume-Uni rencontrent peu de succès. Près de la moitié des travailleurs européens qualifiés installés dans le pays pourraient le quitter au cours des cinq prochaines années.  

Publiée ce mardi, une étude du cabinet d’audit Deloitte sur la perception du marché du travail britannique révèle que 36% de l’ensemble des travailleurs non-Britanniques envisagent d’abandonner le pays d’ici cinq ans. Soit 1,2 million sur les 3,4 millions de travailleurs étrangers répertoriés dans le pays. Un quart d’entre eux projettent de s’en aller d’ici trois ans.  

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La raison de ce désamour? Le Brexit, of course: depuis le vote en faveur du retrait de l’UE, 48% des actifs non-Britanniques installés dans les Îles britanniques jugent le pays moins attractif -mais ils ne sont que 21% pour ceux qui sont basés hors du Royaume.  

Très qualifiés: les plus nombreux et les premiers à vouloir partir

La perception varie d’une région à l’autre et pas forcément là où on s’y attendrait: 21% des travailleurs installés dans le nord du pays songent à partir, ils sont 59% à Londres.  

Cette différence est liée au niveau de qualification. Ainsi, 47% des travailleurs européens très qualifiés envisagent de partir d’ici cinq ans. Ils ne sont pas seulement les plus susceptibles de décamper, souligne le rapport de Deloitte; ils seraient aussi les premiers à partir. 

Dans l’absolu, pourtant, le Royaume-Uni reste toutefois la destination la plus attractive pour les expatriés de l’ensemble de la planète, devant les Etats-Unis et le Canada: neuf personnes interrogées sur 10 qualifient Albion d’assez ou de très attractive.  

Les propositions de May vues de Bruxelles: « Peut mieux faire »

Theresa May a bien tenté, lundi, de rassurer les 3,2 millions de citoyens européens du Royaume-Uni inquiets pour l’après-Brexit. « Il ne sera demandé à aucun citoyen européen se trouvant actuellement légalement au Royaume-Uni de (le) quitter au moment où le pays sortira de l’UE », a-t-elle déclaré devant la Chambre des Communes. 

Selon le projet du gouvernement dévoilé lundi, les citoyens européens conserveront leurs droits actuels jusqu’au jour de sortie de l’UE et devront ensuite demander l’obtention d’un statut, nouveau, de résident.  

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Le gouvernement fait la distinction entre les personnes présentes depuis au moins cinq ans dans le pays, à une date butoir restant à définir, et les autres. Dans le premier cas, les citoyens européens pourront réclamer un statut de résident permanent. Ils disposeront alors des mêmes droits qu’un Britannique, en termes d’accès au travail ou à la santé par exemple. Les autres devront en revanche passer par un statut de résident temporaire. 

Des propositions qui ont rencontré le scepticisme de Bruxelles: « Il faut plus d’ambition, de clarté et de garanties que dans la position britannique d’aujourd’hui », a tweeté le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier.  

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