Brésil. Seconde salve de la justice contre le président Michel Temer

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Le procureur général a demandé pour la seconde fois la mise en accusation du président Michel Temer. Le magistrat évoque la participation du président à une “organisation criminelle” et son “obstruction à la justice”.

A la veille de son départ, le procureur général du Brésil Rodrigo Janot, dont le mandat se termine dimanche 17 septembre, a clos son dossier et présenté à la Cour suprême une nouvelle demande d’accusation contre le président Michel Temer pour “participation à une organisation criminelle et obstruction à la justice”, rapporte El País Brasil.

Inédite dans le pays pour un président de la République, cette requête n’est pas la première lancée par le procureur : le 26 juin, il avait accusé le président de corruption passive et demandé l’ouverture d’un procès contre le chef de l’Etat. Michel Temer avait néanmoins bénéficié de l’appui suffisant de ses soutiens au Parlement, en août dernier, pour échapper à un procès.

L’accusation portée contre lui s’appuie sur une enquête qui “conclut que Michel Temer était à la tête d’une affaire de versement de pots-de-vin impliquant aussi plusieurs députés” de sa formation, le PMDB (centre-droit).

Les sommes en jeu auraient atteint 587 millions de reais (157 millions d’euros) et proviendraient d’entreprises comme Petrobras, la compagnie nationale pétrolière au coeur du scandale de corruption du même nom depuis 2014, ou encore d’institutions publiques, y compris un ministère et la Chambre des députés.

Ce schéma de malversation fonctionnerait, selon la justice, depuis 2006 et implique dans l’acte d’accusation un ensemble de responsables politiques du PMDB, mais il serait dirigé depuis mai 2016 par le président en personne. 

Michel Temer est de surcroît accusé d’obstruction à la justice suite aux révélations d’entrepreneurs véreux ayant passé un accord avec la justice. Ces protagonistes avaient enregistré le président à son insu alors que celui-ci approuvait l’achat du silence d’un prévenu.

Selon El País Brasil, il est probable que ce second acte d’accusation porté contre le président soit enterré comme le premier. Comme précédemment, la demande faite à la Cour suprême doit être validée par la Chambre des députés.

“Bien qu’elle soit plus grave que la première, cette demande d’accusation connaîtra sans doute le même sort, écrit le quotidien. “La réserve de soutiens de Temer à la Chambre des députés est supérieure aux 172 votes nécessaires pour faire barrage aux poursuites.”

De son côté, depuis le palais présidentiel, Michel Temer a estimé que les arguments de la demande d’accusation du procureur étaient “farcis d’absurdités”, rapporte le journal citant le communiqué de la présidence.

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Le portail brésilien du grand quotidien espagnol El País a été lancé fin 2013 à São Paulo, quelques mois après la création de son espace dédié à l’Amérique latine sur son site web. Au total, les sites hispanophone et lusophone de ce journal d’

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