Après six mois d’un mandat chaotique, le président des Etats-Unis peut-il rebondir?

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Donald Trump à Washington le 18 juillet 2017.

Donald Trump à Washington le 18 juillet 2017. — Shutterstock/SIPA

Donald Trump peut-il encore sauver sa présidence ? Depuis son investiture à la
Maison Blanche il y a tout juste six mois, le 20 janvier dernier, le
45e président américain multiplie erreurs et scandales sans réussir à concrétiser de réformes majeures.

Une situation quasiment inédite qui pousse certains spécialistes à porter un regard très pessimiste sur la suite de son mandat. « Etre cerné par les scandales dès le premier jour, n’avoir aucune grande loi adoptée, être aussi impopulaire, subir des défections de Républicains… Rien de cela n’est une bonne chose », résume Julian Zelizer, professeur d’histoire à l’université Princeton.

Une méthode peu convaincante

En arrivant dans la capitale américaine, le milliardaire avait déclaré que les façons de faire de Washington avaient conduit le pays à sa perte et que seul un homme d’affaires de son acabit, outsider politique par excellence, était capable de remettre les Etats-Unis sur le droit chemin. Une promesse qui semble aujourd’hui bien creuse.

A la Maison Blanche, de nombreux postes restent vacants ou occupés par des novices aux compétences discutables. Ceux qui sont là dépriment ouvertement, démoralisés par l’avalanche de controverses et de faux pas.

Des promesses laissées lettres mortes

Conséquence : plusieurs grandes promesses du candidat républicain restent lettre morte. La première brique du mur à la frontière mexicaine est loin d’être posée, et le Congrès n’a toujours pas voté un dollar pour le financer. L’accord de libre-échange nord-américain n’a pas été déchiré, l’accord sur le nucléaire iranien non plus,
et « Obamacare », la loi sur la couverture santé signée par son prédécesseur, reste plus que jamais en place.

Les Républicains, pourtant, ont la majorité dans les deux chambres du Congrès, ce qui a poussé le site, pourtant pro-Trump, Drudge Report à déclarer la législature actuelle « la moins productive depuis 164 ans ».

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Quant à la présidentialisation de Donald Trump, elle reste un doux rêve. Comme en campagne, le président continue d’attaquer allègrement la presse, les juges, son propre parti, les Démocrates ou encore l’ancien chef du FBI James Comey, qu’il a limogé.

Sans compter les soupçons de collusion entre des membres de son équipe de campagne et la Russie l’an dernier contre Hillary Clinton, une affaire sur laquelle un procureur spécial et plusieurs commissions du Congrès enquêtent.

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Un bilan encore maigre

Il y a des succès. L’organisation Etat islamique a été vaincue à Mossoul en Irak et est encerclée dans sa capitale autoproclamée, Raqqa. Donald Trump a retiré les Etats-Unis du partenariat transpacifique et
nommé un juge à la Cour suprême, confirmé par le Sénat. Pas assez, dit l’historien Julian Zelizer. « Pour moi, ces six mois ne sont pas une réussite, et je ne vois pas comment on pourrait prétendre l’inverse », dit-il.

L’histoire est toutefois pleine d’exemples de présidents qui ont su rebondir. Bill Clinton, dont la première année a été gâchée par une tentative ratée de réformer le système de santé, a repris l’avantage ensuite et s’est fait réélire facilement en 1996.

« Les présidents sont jugés sur ce qu’ils arrivent à faire, or il n’est là que depuis six mois. Il lui reste beaucoup de temps », dit Alex Conant, un consultant républicain qui a travaillé dans la Maison Blanche de George W. Bush.

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Un nécessaire changement de cap

Mais Donald Trump doit changer. Jusqu’à présent, il n’a montré que peu d’appétit pour les détails des réformes, notamment sur la santé. « Quelques rendez-vous avec des sénateurs et des tweets ne suffiront pas pour un sujet aussi controversé que le système de santé », prévient Alex Conant. S’il a souvent été un as du marketing, comme sa carrière dans l’immobilier le montre, le dirigeant a une personnalité qui rend son travail plus difficile avec ses partenaires parlementaires.

Pour le maire démocrate de Charlottesville, Michael Signer, qui donne aussi des cours à l’université de Virginie, « la voie de la légitimité » pour Donald Trump passe par l’acceptation « de nos normes traditionnelles et des contre-pouvoirs ». « Plus il se refuse à le faire, plus sa popularité va dévisser, plus il deviendra illégitime, et plus il sera désespéré », affirme-t-il.

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Une échéance risque à ce titre d’être éloquente : les élections législatives de novembre 2018, lors desquelles les démocrates pourraient signer leur retour. Et un Trump acculé, pour Julian Zelizer, risque d’être encore plus imprévisible. « Dans le Bureau Ovale, quand la situation se détériore, rien ne devient plus facile, les choses prennent un mauvais tour », prévient l’historien.

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