Accusations contre Thierry Marchal-Beck: les socialistes en plein malaise

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L’ancien président du Mouvement des jeunes socialistes est accusé depuis mardi soir de harcèlement et d’agressions sexuelles par huit femmes qui témoignent dans Libération.

L’embarras est palpable au Parti socialiste. Après les révélations de Libération sur les accusations d’agressions sexuelles et de harcèlement visant Thierry Marchal-Beck, ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) entre 2011 et 2013, la gêne se fait sentir dans les rangs d’un parti qui réclame des « suites judiciaires ». 

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Les « témoignages qui accusent un ancien président du MJS d’harcèlements sexuels et d’agressions sexuelles à l’encontre de jeunes femmes, militantes du mouvement de jeunesse, sont d’une extrême gravité. Ils ne sauraient rester sans suites judiciaires adéquates », a assuré le PS dans un communiqué.  

« Il utilisait son pouvoir de président »

Au lendemain de ces accusations, aucun socialiste n’a, pour l’heure, remis en cause les témoignages des jeunes femmes. Si l’on en croit Libération, les cadres du MJS auraient eu connaissance des agissements de Thierry Marchal-Beck. Les accusations n’avaient cependant jamais été formulées en public. « Il utilisait son pouvoir de président: vous couchiez, vous montiez dans les instances, c’était le deal« , raconte une militante au quotidien, sous couvert d’anonymat. 

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Interrogés par Libération, de nombreux permanents du MJS expliquent qu’ils n’ont jamais été informés de la gravité précise du phénomène avant et pendant la présidence de Thierry Marchal-Beck. Selon eux, les « rumeurs » sont arrivées longtemps après son départ, à partir de la fin 2015.  

« Aucune information tangible », mais des « rumeurs »

Contacté par Libération, Benoît Hamon explique qu’il ne disposait « d’aucune information tangible, solide », mais se souvient « vaguement de rumeurs ». Quand une jeune femme évoque avec lui le comportement « à risques » du président du MJS, il lui expose sa ligne qui « consiste à conseiller de porter plainte ». « Je pense que, jusqu’à il y a peu, nous n’étions pas culturellement préparés à tout ça. La société française est en train de faire un pas considérable sur les sujets de harcèlement », ajoute-t-il. 

Au MJS, toujours selon nos confrères, une personne était chargée de « gérer » le président du mouvement. L’une de ses missions était aussi de créer « bulle de sécurité autour de lui, pour être sûr qu’il rentre dormir sans déraper ». Une ancienne animatrice fédérale en conclu que « ce système de protection était tacite mais connu de tous ». Aurélie R., ancienne secrétaire nationale du MJS, dit elle avoir alerté dès 2011 sur un « problème TMB »: « L’orga a couvert. Tout ça met 6 ans à sortir, c’est long. Pour les victimes et pour l’organisation. » 

« La justice doit passer »

« [Ce] comportement [est] inqualifiable et inexcusable. Soutien total aux victimes. La justice doit passer. Que de tels faits (…) se soient passés dans une organisation (…) que j’ai présidée en 1995 me révulse au plus haut point », a réagi le député PS Régis Juanico. 

Condamnation aussi ferme de l’actuel président du MJS, Benjamin Lucas, qui assure de son côté n’avoir jamais été interpellé personnellement par une victime. Il s’est dit « révulsé », et s’est engagé à « continuer le travail entrepris (depuis) plusieurs semaines » pour « interroger et transformer nos cadres collectifs, nos pratiques, nos silences ». La secrétaire nationale du PS Rita Maalouf, en charge des droits des femmes, a indiqué qu’elle souhaitait la mise en place d’une cellule d’écoute au sein du parti et « une formation obligatoire sur ces questions pour les militants, les cadres et les élus ». 



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